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Burkina-CPI-Justice

Blaise Compaoré appelle à une justice internationale respectueuse des valeurs africaines

9 novembre 2011, par Agence d’Information du Burkina

Ouagadougou, 09- nov. 2011 (AIB) – Le président du Faso, médiateur de l’Union africaine dans plusieurs conflits en Afrique, a demandé aux institutions judiciaires internationales de tenir compte des valeurs ancestrales africaines de dialogue et de tolérance, dans la quête de justice en Afrique, mercredi 09 novembre à la Haye.

« Face aux difficultés réelles à concilier parfois avec harmonie les objectifs judiciaires et l’enracinement de la paix, il convient en Afrique, de promouvoir des alternatives d’une justice reposant sur les valeurs traditionnelles », a-t-il dit. Le président a cité notamment les valeurs « de dialogue, de tolérance, de pardon et respectueuse des repentances et des volontés affichées de réconciliation ».

Invité pour apporter sa contribution à l’initiative des Nations Unies visant à concilier les impératifs de paix et de justice, le président du Faso a estimé que l’impératif de la paix et la soif de la justice dans les conflits sont « d’égale importance ».

Dans son discours parvenu à la rédaction de l’AIB, Blaise Compaoré a affirmé que « les solutions politiques et judiciaires sont d’égale importance » et que « la justice et la paix ne peuvent être envisagées indépendamment l’une de l’autre » dans la gestion des conflits.

« Si les violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme commises lors des conflits ne sauraient rester impunis, il convient d’œuvrer à une mise en œuvre réussie des actions visant l’atteinte de ces deux objectifs (recherche ‘‘impérative’’ de la paix et poursuites pénales) ».

Il en veut pour preuve le mandat d’arrêt de la CPI lancé contre le président soudanais Omar El béchir qui aura eu pour conséquence de « freiner » le processus politique en cours.

Le médiateur dans les crises en Côte-d’Ivoire, au Togo, en Guinée Conakry et au Soudan a indiqué que ses expériences l’amène à dire que la Communauté internationale doit plutôt tendre « à toujours opérer un choix judicieux des actions à déployer dans la recherche de la paix et de la justice afin que celles-ci ne se compromettent mutuellement ».

Il a aussi donné son point de vue sur l’amnistie chaque fois évoquée dans la gestion des crises et généralement reprouvée en tant que prime à l’impunité, notamment par les institutions internationales.

« Si la brèche de l’impunité n’est pas fermée, il ne peut y avoir de vraie réconciliation. De même, la justice internationale pénale doit être un instrument de retour à la paix pouvant s’adapter aux diverses exigences » a-t-il expliqué.

Son souhait est que l’initiative onusienne à laquelle il participe puisse aboutir à de nouvelles règles qui aident à mieux administrer la justice dans les pays en crise ou sortis de conflit.

AMK/

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