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Bobo-Dioulasso, (AIB)- La Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) a renouvelé cette année encore, son opération d’octroi de bourses scolaires au profit de 150 orphelines de ses pensionnés le samedi 5 novembre 2011 à Bobo-Dioulasso, sous le parrainage de Christiane Tiao, épouse du Premier ministre Luc Adolphe Tiao.
Avant de renouveler l’opération de remise de bourses aux filles des pensionnés, le directeur général de la CARFO, Olivier Sawadogo s’est livré à un exercice peu courant dans l’administration : le bilan de l’opération précédente qui avait permis de soulager 150 bénéficiaires.
Galvanisées par une bourse d’une valeur de 100 000 F CFA, des kits scolaires et des vivres, les filles ont enregistré un taux de succès de 50% aux examens de passage. Un taux moyen certes, mais qui se situe au-dessus de la moyenne nationale pour ces orphelines qui, sans le soutien de la Caisse, seraient allées grossir les rangs de la déperdition scolaire.
M. Sawadogo y a tiré un motif de satisfaction, précisant au passage qu’en trois années, la CARFO a pris conscience de l’importance de l’opération pour les familles des pensionnés aux revenus modestes. Pour la petite histoire, c’est en 2008, année qui a marqué le départ au Burkina Faso des émeutes contre la vie chère, que la Caisse a initié cette opération pour venir en aide aux familles des conjoints survivants dont le montant de la pension ne dépasse pas 45 000 F CFA, soit 15 000 F CFA par mois.
Une situation de précarité préjudiciable surtout à la scolarité des filles, d’où l’initiative de la bourse qui leur est exclusivement offerte. Mais elles sont près de 2 000 en situation difficile pour 150 d’entre elles prises en charge dans une limite « financièrement supportable par la Caisse ». Face à ce qui s’apparente à une goutte d’eau dans un océan de misère, la marraine a rappelé que « nous sommes capables d’accomplir quelque chose d’extraordinaire en faisant quelque chose d’ordinaire avec amour », suivant l’appel de Mère Teresa.
C’est ce que fait la CARFO qui, aux yeux de Christiane Tiao, contribue par son geste, à répandre l’amour en soulageant les autres de leurs souffrances physique, mentale, émotionnelle, financière et spirituelle. Elle a mis en valeur le concept de taux d’utilité sociale des entreprises dont la Caisse vient d’accroître le sien à travers son initiative.
L’épouse du Premier ministre a invité les Burkinabé « à oser rêver et à oser agir », non sans avoir livré sa part de rêve, celle de voir le millier de structures capables de faire le geste, de la CARFO à le faire pour permettre de soulager au moins à 150 000 femmes et enfants. L’appel de la marraine a été amplifié par le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, Soungalo Ouattara.
Celui-ci a lancé à son tour un appel aux partenaires techniques et financiers œuvrant dans le domaine de l’éducation, à accompagner la CARFO pour « un chiffre plus significatif » du nombre de filles prises en charge en 2012. Dans cet ordre d’idée, le soutien annoncé de l’UNFPA a été révélé au public.
Le chef du département de la Fonction publique a aussi déclaré, sous les acclamations du public, que deux bourses scolaires seront octroyées aux deux orphelines que laisse derrière elle, Djata Illébou, l’artiste musicienne arrachée à l’affection des mélomanes en octobre 2010. Djata avait fait de la cause des enfants, une raison de vivre et de ce fait, avait toujours apporté une touche musicale à toutes les cérémonies de remise des bourses, de son vivant.
Les bénéficiaires étaient naturellement les plus heureux au cours de la cérémonie. Elles ont promis de donner le meilleur d’elles-mêmes en classe, pour mériter les efforts consentis en leur faveur. La représentante des veuves et tuteurs des filles, Solange Somé a promis une utilisation judicieuse des bourses dans l’intérêt des orphelines. Elle a par ailleurs chargé la marraine d’une mission auprès de la CARFO et du ministère de la Fonction publique : plaider pour une augmentation du nombre de bénéficiaires de l’aide.
Mahamadi TIEGNA