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Sahel-Séno-Politique
Le gouverneur du Sahel estime que le Premier ministre est resté attentif aux « critiques constructives » du Parlement

Dori, 28 mars (AIB) - Le gouverneur de la région du Sahel, M. Eloi Bambara n'est pas indifférent sur l'information sur le match des cadets Etalons-Mena, portée par le Premier ministre Tertius Zongo aux députés le jeudi dernier mais plus, il estime que le chef du gouvernement a retenu « toutes les critiques constructives » issues des questions des députés

AIB  : Qu'avez- vous retenu du discours du Premier ministre devant l'Assemblée nationale ?

Eloi Bambara (EB) : Hier soir, jeudi 27 mars 2009, le Premier ministre a prononcé son discours rituel sur la situation de la nation. En gros, ce que je peux retenir, c'est que d'abord, il a donné une information d'intérêt national sur la victoire du Burkina Faso sur le Niger en football sur la compétition qui se déroule actuellement en Algérie. Le score était de un but à zéro. Je pense que ce n'est pas une information banale.

Elle a toute son importance, si l'on réalise l'importance du football qu'on qualifie de sport roi, pour une nation et qui en fait quelquefois sa célébrité. Parce que vous connaissez des pays dont le simple nom évoque le football avant tout autre caractère, même s'il recèle d'importantes richesses économiques par ailleurs. Donc le football, surtout, lorsqu'il s'agit d'une coupe, est un enjeu tel qu'il déplace même un chef d'Etat, quand il se déroule dans un pays.

Ensuite, le Premier ministre a dûment justifié son intervention, comme voulue par la Constitution et faisant partie de sa mission en tant que responsable du pouvoir exécutif ayant obligation de rendre compte de la gestion des affaires de l'Etat aux représentants de la nation.

Le point suivant a constitué pour le Premier ministre à qualifier d'abord le contexte de la gestion des affaires de la période 2008 qui s'est révélée comme une année particulièrement difficile au plan international ; il s'agit précisément pour lui de dispositions envisagées, après avoir fait état de toutes les difficultés pour faire face aux problèmes de tout ordre.

Il s'agit essentiellement de trois crises : alimentaire, énergétique et financière qui n'ont épargné aucune partie du monde à travers l'inflation des produits alimentaires, énergétiques et des finances. Pour faire face à la crise financière par exemple, certains Etats n'ont manqué de procéder à une révision budgétaire et malgré la baisse du prix du pétrole, cela n'a pas eu d'effets directs sur les dépenses des ménages et l'accent à même été mis sur la production alimentaire comme faisant partie du moteur du développement. Par la crise énergétique, la flambée des prix du pétrole a provoqué l'inflation sur tous les plans et réduit le pouvoir d'achat. Et cela a joué négativement sur la croissance.

Quant à la crise financière, elle est due, entre autres, à la politique monétaire, crédits accordés avec beaucoup de facilités et très peu suivi par la suite, ensuite déséquilibre macro économique se manifestant par le déséquilibre de la balance commerciale et la crise boursière aux Etats-Unis et ensuite dans le reste du monde et en conséquence, l'aide publique en a ressenti les effets. Parce que l'aide publique s'est vue réduite, limitant les projets nationaux, initialement montés.

Cela a beaucoup joué sur la pauvreté qui a même augmenté la mortalité. Une subvention des produits nationaux, une nationalisation des banques et une augmentation des pays développés. C'est ainsi qu'on parle aujourd'hui des G20 dont la Chine populaire. Alors en gros, comme solutions, il y a lieu d'envisager une autre voie pour réussir le pari et la lutte contre la pauvreté. Pour le Premier ministre, il faut une promotion de la sécurité sociale, des droits humains et la promotion de notre économie et son insertion dans l'économie mondiale. Il faut que notre économie soit en mesure d'être compétitive. Il faut le rayonnement aussi de notre pays. Et je crois que la politique du chef de l'Etat vise cela. Nous avons suivi le mécanisme africain d'évaluation par ses pairs.

Et il faut également parvenir à la concertation gouvernement- syndicat et la démocratie participative avec le partage du pouvoir. Je pense que les conséquences de la décentralisation intégrale sont dictées par cela, avec le transfert des compétences et des ressources nécessaires. Il y a également comme autres solutions le financement des infrastructures.

L'organisation de la fête de l'indépendance de façon tournante vise à renforcer le civisme de tous les Burkinabé et à favoriser le développement économique des chefs-lieux des régions qui abritent cette fête nationale. Son excellence le Premier ministre a ensuite passé au peigne fin chaque département avec ses résultats atteints en 2008, ses insuffisances et il a parlé aussi des perspectives au niveau de chacun des départements, parce qu'il y a un pari pour le gouvernement.

Et il ne s'agit pas pour lui de baisser les bras parce que la situation est telle. Dès lors qu'il ne s'agit pas de notre seul pays, donc c'est une situation qui affecte tout le monde ; nous sommes dans une sorte de tunnel qui a l'air sans bout, mais à partir du moment où on n'est pas seul et il y a des gens qui bougent, qui avance donc, il s'agit aussi de tout faire pour ne rester sur place. Parce qu'en la matière, on ne peut pas rester sur place, ou on avance, ou on recule. Donc, il faut bouger quand il est possible de voir le bout du tunnel, on finira par le voir. Il a également parlé des dispositions à envisager pour corriger les insuffisances et les perspectives pour 2009.

AIB : Que pensez vous de ce discours ?

EB : Je crois que ce discours interpelle tout citoyen. Le Premier ministre, à travers ce discours, a voulu faire comprendre que quelque soit la situation à laquelle le pays est confronté et qui joue beaucoup sur son économie et sur sa croissance, il n'est point question pour lui de se dérober devant ses devoirs prévus même par la Constitution.

Parce que l'Exécutif est contrôlé par le Législatif. Et pour que le Législatif puisse se prononcer par rapport à la gestion des affaires de l'Exécutif, il faut que le Législatif soit renseigné sur tout ce que fait l'exécutif pour le développement de ce pays, quitte à ce qu'il face vraiment l'objet de critique. Mais le Premier ministre ne considère pas les critiques comme une mauvaise chose, systématiquement. Parce que dans les critiques, pour ceux qui sont de bonne foi, il y a quelque chose de positif à tirer et lui- même, il ne l'a jamais caché, lorsqu'il se rend compte que la critique est fondée, il le dit. Il remercie même celui qui l'a formulée.

Mais souvent, formuler les critiques n'est pas une tâche facile. Je crois que si on est décidé à contribuer au développement de ce pays, il ne faut pas se garder de formuler des critiques, mais il faut faire des critiques constructives. Et je pense que dans les réponses que le Premier ministre a eu à donner aux parlementaires, cela ressort. Toutes les critiques constructives ont été enregistrées par le Premier ministre. Il s'est même engagé à en tenir compte dans certaines décisions qu'il va prendre.

Donc je pense que cette formule qui constitue à présenter la situation de la nation est une très bonne chose au plan démocratique, parce qu'on a rien à cacher et on va révéler les réalités. Vous aurez remarqué même qu'aucun département, quelque soit son degré de sensibilité n'a été épargné par rapport à sa gestion, ses résultats et ses insuffisances. Maintenant, si cela donne lieu à des critiques, qu'on le fasse.

Parce que, qu'est-ce que le gouvernement cherche, c'est d'aller toujours de l'avant. Et s'il y a des critiques qui peuvent contribuer en cela, mais c'est tant mieux. Nous sommes dans un pays où il n'y pas tellement d'atout. Il y en a qui ont la chance, ils ont des débouchés maritimes, des sous-sols très riches. Ce n'est pas toujours le cas du Burkina Faso. Mais quelquefois, il est bon de faire le déplacement pour voir des comparaisons objectives. Parce que quand on n'a aucune idée de la situation objective qui prévaut ailleurs, on a tendance à croire qu'ici c'est l'enfer.

Alors que des pays qui ont beaucoup d'atout, n'ont pas le même privilège de connaître la situation avantageuse que nous connaissons dans notre pays. C'est une intervention que j'apprécie hautement et qui montre vraiment que la démocratie se renforce dans notre pays, et vraiment, tous les facteurs tels que la paix, qui est également un facteur de développement, tous ces facteurs sont considérés comme essentiels et le gouvernement s'attelle à les instaurer dans la politique de notre nation.

AMM/AMK

     
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