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Burkina-Culture-Cinéma
Cinémathèque africaine de Ouagadougou : Activer la mémoire culturelle de l'Afrique à travers les archives filmiques

Ouagadougou, 17 mars (AIB) - Le continent africain produit beaucoup de films dans des domaines variés et qui expriment son identité culturelle. Aussi, assez de films et d'images ont-elles été réalisées sur l'Afrique depuis l'avènement de la cinématographie. Avec la cinémathèque africaine de Ouagadougou, des mémoires filmiques sont conservées au profit des générations présentes et futures. Celles-ci pourront appréhender leur passé et mieux concevoir l'avenir. Nous avons rencontré, le 9 mars dernier, le directeur, M. Ardiouma Soma afin d'en savoir davantage sur le fonctionnement de cette institution.

La cinémathèque africaine de Ouagadougou a été lancée en 1989, à l'occasion du 20 e anniversaire du FESPACO, pour répondre aux attentes des cinéastes africains qui ont pendant longtemps souhaité avoir un endroit en Afrique où seront déposées leurs ouvres en vue de constituer la mémoire du cinéma africain pour les générations d'aujourd'hui et futures.

Vingt ans après son lancement en 1989, la cinémathèque africaine de Ouagadougou a un patrimoine assez important, selon son directeur, M. Ardiouma Soma : «Nous avons collecté 40 copies de films en 1989, aujourd'hui on a un patrimoine évalué à environ 2 000 copies. Nous avons, depuis 1989 collecté 250 copies de films d'auteurs africains» .

L'objectif étant de rechercher, collecter, sauver, conserver et mettre en valeur le patrimoine filmique africain, la cinémathèque de Ouagadougou, membre de la Fédération internationale des archives de films (FIAF), travaille en collaboration avec d'autres cinémathèques du monde pour faire avancer cette mission. «Le patrimoine cinématographique africain, ce n'est pas seulement à partir du moment où des Africains eux-mêmes se sont emparés de la caméra, mais c'est toutes les images qui existent sur l'Afrique. L'Afrique a été énormément filmée par les explorateurs, des missions scientifiques (sociologues, anthropologues, géographes), des religieux, les administrations coloniales, également des cinéastes amateurs» , a soutenu Ardiouma Soma.

Avant la création de cette cinémathèque dont les animateurs à l'époque étaient Filippe Savadogo (actuel ministre en charge de la culture) et Gaston Kaboré (réalisateur), il existait déjà des archives de films burkinabé gérées par le FESPACO à partir de 1986 et qui ont participé à son lancement. Filippe Savadogo était le secrétaire général du FESPACO et Gaston Kaboré, le secrétaire général de la Fédération panafricaine de cinéma (FEPACI).

A la cinémathèque africaine de Ouagadougou, il y a un block house où sont déposés des films dans des conditions qui permettent aux pellicules des survivre jusqu'à cent ans, en fonction de l'état dans lequel ils ont été collectés. On y trouve tous les genres (documentaire, long et court métrage, fiction etc.) sur différents supports comme la pellicule, la bande, la cassette VHS, Betacam, DVCam, DVD. Elle n'est pas fermée au monde, ce qui fait qu'on peut y trouver des films chinois, cubains, italiens, français etc.

La cinémathèque s'appuie aussi sur le FESPACO pour intensifier la collecte des films pour la sauvegarde du patrimoine culturel cinématographique africain. L'idéal, selon M. Soma, est que les producteurs et les réalisateurs, une fois qu'ils achèvent leurs productions, songent à déposer immédiatement une copie neuve à la cinémathèque.

Mais, compte tenu du fait que les producteurs ont souvent des difficultés surtout financières pour finir leurs produits, une recherche de partenaires a été fait par l'institution, depuis son début, pour financer la collecte de copies de films. «Nous négocions au cas par cas avec les cinéastes pour acheter directement des copies de films ou pour avoir des autorisations pour pouvoir en commander auprès des différents laboratoires», a dit le directeur. L'exploitation des copies conservées se fait à des fins culturelles et de recherche.

En partenariat avec Culture France et le ministère français des Affaires étrangères, la cinémathèque travaille depuis 2006 à la numérisation des films lauréats de l'Etalon d'or de Yennenga, afin de faciliter l'accès aux utilisateurs. «Nous avons à ce jour deux coffrets contenant 16 films numérisés sur 19 lauréats de l'Etalon de Yennenga. Nous avons une partie des films lauréats de l'Etalon de Yennenga. Nous ne les avons pas tous sur pellicules de 35 mm », a indiqué M. Soma.

BL/

     
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