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21è édition du Fespaco (27 février - 8 mars 2009)  

Burkina-Cinéma-Fespaco
Donner un nouveau visage au cinéma africain

Ouagadougou, 6 mars (AIB). Le colloque central sur le thème de la 21 e édition du Fespaco, « Cinéma africain, tourisme et patrimoines culturels » a pris fin le jeudi 5 mars à Ouagadougou avec des conclusions nourries d'espoir pour l'envol du cinéma africain.

Le docteur Boureima Diamitani a défini un certain nombre de concepts se rapportant au patrimoine culturel matériel et immatériel. Il s'est interrogé sur ce qu'il faut conserver et sur ce qu'il faut promouvoir, tout en donnant un certain nombre de témoignages et d'expériences vécus au niveau du Musée du Houet avec la construction des habitats traditionnels, des différentes techniques et savoir faire locaux.

La question de la propriété intellectuelle et de la protection des connaissances et savoir locaux a été traitée pour que les populations puissent vivre des retombées de l'exploitation de leur patrimoine culturel.

Mme Hélène Bettembourg, responsable des projets internationaux à L'Institut national de l'Audiovisuel/ France s'est penchée dans sa communication : « comment rendre accessible les archives cinématographiques et audiovisuelles au public ». Mme Bettembourg a donné les trois missions de l'INA : conserver, valoriser et transmettre l'expérience menée par son institution en matière de numérisation et de valorisation des archives audiovisuelles.

Pour Almamy Ibrahima Koreissi, qui a donné la communication du deuxième atelier, « le tourisme est un secteur très lucratif qui génère plus 600 milliards de dollars chaque année avec 900 millions de touristes mais la part de l'Afrique noire est minime. Il faut donc valoriser notre patrimoine culturel pour en faire un produit touristique. Le cinéma doit pouvoir se servir des éléments du patrimoine culturel pour tirer un substrat à une création artistique pour une ouvre cinématographique. Le film ne doit cependant pas caricaturer la culture », a-t-il indiqué.

A l'endroit des cinéastes, les participants estiment que ceux-ci doivent savoir de quoi ils parlent dans leurs productions afin de préserver le patrimoine culturel. La numérisation des films peut être une réponse aux problèmes de conservation et de disponibilité. Une formation s'impose donc pour les professionnels du cinéma.

Les participants à l'atelier demandent donc aux Etats africains d'inscrire les arts et la culture dans leur politique pour fortement appuyer le cinéma africain.

Comme recommandations, les participants ont demandé à ce « q ue les gouvernements de nos Etats dotent les structures et institutions en charge de la gestion des patrimoines culturels de moyens financiers, humains et matériels conséquents afin qu'ils réalisent des inventaires généraux des patrimoines culturels, q u e les pays Africains, dans le cadre régional ouvrent à l'harmonisation des textes juridiques afin que les spécialistes de la question du patrimoine et des droits d'auteur parlent le même langage.

Pour ce qui est des recommandations concernant la conservation des archives cinématographiques, les participants au colloque souhaitent « la prise de mesures diligentes par le gouvernement du Burkina Faso, l'Union africaine et l'UNESCO pour l'achèvement et l'équipement de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou, la spécialisation de conservateurs-restaurateurs dans la restauration des supports cinématographiques et la mise en ouvre d'un programme de numérisation des films conservés par la Cinémathèque africaine de Ouagadougou ».

Le ministre de la Culture , du Tourisme et de la Communication du Burkina Faso, Filippe Savadogo, en prononçant son mot de clôture des travaux, a indiqué que « l'Afrique est toujours montrée du mauvais côté alors qu'il existe dans ce continent, beaucoup de richesses inestimables qui peuvent être valorisées ».

La présence du directeur général du développement à la commission européenne, Stefano Manservisi à la cérémonie de clôture montre que l'Union européenne s'engage à valoriser le cinéma africain.

AS/MO/SVY

     
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