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Burkina-politique-constitution-modification
Burkina : l’opposition pour une coalition contre le tripatouillage de la Constitution

Ouagadougou, 15 juillet 2010 (AIB) – Le Groupe parlementaire Alternance-démocratie et justice (ADJ, opposition) a appelé jeudi à Ouagadougou à la mise en place d’une «coalition» contre le tripatouillage de la Constitution, a constaté un journaliste de l’AIB.

  «Face à la volonté du pouvoir de tripatouiller la constitution pour sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels, nous souhaitons qu’il y ait une large coalition pour empêcher le CDP (congrès pour la démocratie et le progrès, pouvoir) et son gouvernement de parvenir à leur fin», a déclaré le chef de file de l’opposition, Me Bénéwendé Stanislas Sankara.

  Me Sankara s’exprimait lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a fait le bilan du «Comité de pilotage de la coalition nationale de lutte contre le tripatouillage de la constitution».

  Ce comité, a rappelé Me Sankara, a été mis en place lors des journées parlementaires de l’ADJ tenues les 16 et 17 février.

«En terme de bilan, le Comité a pu rencontrer (des) structures et personnalités notamment le président du Conseil supérieur de la chefferie traditionnelle, le Mogho Naaba  Baongo (chef suprême des Mossi,ndlr) et des syndicats».

Le comité a également rencontré le chef de file de l’opposition, le cadre de concertation des partis politiques de l’opposition (CPO),  la Coalition 37 (regroupement d’opposants contre la modification de l’article 37, ndlr) et quatre burkinabè qui ont initié une pétition contre la modification de l’article 37, a-t-il ajouté.

«La démocratie ne peut se concilier avec les remises en cause sans cesse unilatérale du minimum consensuel», a  indiqué Me Sankara accusant le CDP de chercher à pérenniser le pouvoir du président Blaise Compaoré.

  Au terme de l’Article 37 de la Constitution burkinabè, «le président du Faso est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, égal et secret. Il est rééligible une fois».

  L’opposition accuse le CDP de chercher à modifier cet article pour permettre à M. Compaoré, au pouvoir depuis 22 ans de se maintenir à vie.
«Pourquoi (…) s’entêter à vouloir ramer à contre-courant de la volonté de son peuple et des engagements internationaux auxquels l’on a librement souscrit ?», interroge M. Sankara, président de l’Union pour la renaissance/parti sankariste (UNIR/PS).

Selon cet opposant, les personnalités morales et physiques que le Comité a rencontrées sont contre une quelconque modification de la loi fondamentale.
«Dans les jours à venir, nous allons contacter les uns et les autres pour voir dans quelles mesures travailler ensemble», a-t-il indiqué rappelant que plusieurs groupes se sont déjà organisés contre les velléités du parti présidentiel de modifier la Constitution.

Interrogé sur la réaction de l’opposition au cas où le parti présidentiel passerait outre les récriminations, M. Sankara a indiqué que «le CDP est un parti responsable qui ne devrait pas passer outre la volonté du peuple».
«Mais si le CDP venait à passer outre la volonté du peuple, on avisera, en tous les cas la Constitution prévoit aussi la désobéissance civile», a-t-il indiqué.

AS (stagiaire)/RH

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