Burkina-Politique-Indépendance-Cinquantenaire
De nombreux sites touristiques du Sud ouest révélés au public
Ouagadougou, 28 juin (AIB) - La Grande conférence régionale organisée dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso au sud ouest s’est déroulée autour de cinq panels dont deux portent sur les sites touristiques de la région et leurs apports au développement, a constaté l’AIB sur place le samedi 26 juin à Gaoua.
Venues de Bobo Dioulasso, de Ouagadougou ou sorties de la ville de Gaoua et ses environnants, les populations sont restées pendant trois heures à l’amphithéâtre de l’Ecole nationale de l’Enseignement primaire (ENEP) à découvrir les nombreux sites touristiques et culturels du Sud ouest entre autres, notamment à travers la communication de l’inspecteur Inyibon Dah exposant sur « les sites culturels et touristiques de la Région du Sud ouest ». Le conservateur des Ruines de Loropéni s’est naturellement occupé pour sa part de développer le thème sur le « Patrimoine et développement ; cas pratiques : les ruines de Loropéni ».
Parmi les sites dont certains restent à découvrir au Sud Ouest, le conférencier Dah cite les grottes militaires de Gaoua, de Diébougou, de Djikologo et Kampti, construites par les colons français pour abriter les populations en cas d’attaques, mais qui très vraisemblablement servaient d’abri aux colons eux-mêmes devant les menaces permanentes des populations locales de l’époque.
Ces grottes sont généralement protégées par des tranchées. Cependant, d’autres tranchées sont sans grottes, à l’instar de celle réalisée par un neveu de l’Almany Samory Touré dans les parages de Midebdo. M. Dah, cite aussi les nécropoles des tirailleurs sénégalais et des colons français à Batié, Gaoua et Kampti, la Maison d’Houphouët Boigny à Batié.
Toujours dans la catégorie du patrimoine matériel, on peut relever les fondations du collège ouest africain de Batié, qui sera finalement transféré à Bobo Dioulasso pour devenir l’actuel Lycée Ouezzin Coulibaly ou encore les sanctuaires des rois gans. Temples et mosquées, mares aux caïmans sacrés, les objets archéologiques ou culturels liés aux mariages et aux initiations font également parti de ces témoins du passé et de l’environnement des populations du Sud ouest. D’autres sont conservés au musée des civilisations du Sud ouest de Gaoua.
« Les sites du Sud Ouest sont riches, abondants et variés » a soutenu Inyibon Dah. Mais poursuit-il, les « recherches sont insuffisantes » pour leur donner toutes leurs valeurs historiques et culturelles. Le chercheur estime que seuls les Ruines de Loropéni, les sanctuaires de rois gans et la grotte de l’armée coloniale à Diébougou sont connus, mis en valeurs ou disposent d’un plan de valorisation.
Mais le conservateur des Ruines de Gaoua, très inspiré à l’occasion n’est pas tout à fait satisfait des efforts de valorisation de son site. Néanmoins, Il ne tarie pas d’idées afin que très vite les Ruines deviennent la locomotive du développement du Sud ouest.
Les droits de tournage, de photographie, la construction de boutiques et de librairies du site mérite une attention et le conservateur propose que leur gestion soit confiée à une régie à l’image de la Régie d’aménagement et de gestion des équipements marchands à Ouagadougou (RAGEM).
Il estime aussi qu’au niveau de l’Administration, une structure « supra-gouvernementale » ou interministérielle mérite de voir le jour pour fédérer les efforts des différents acteurs intervenant au niveau des ministères des l’Environnement, du Tourisme et de la Culture, des Enseignements, de la Sécurité et de la Défense. « Il n’y pas de cadre pour fédérer les énergies » a-t-il déploré.
En entendant et pour aller au plus aisé, il souhaite une implication des élèves dans la gestion des Ruines d’autant plus qu’ils sont en vacances. Le ministre en charge de la Culture et du Tourisme et porte-parole du gouvernement Filippe Savadogo est « totalement pour ».
Il a déjà mis à la disposition de nombreux élèves des cars pour les convoyer jusqu’aux Ruines de Loropéni. Au-delà des élèves et des jeunes de manière général, le ministre compte sur chacun des burkinabè qu’il a sollicités en ces termes : «soyez chacun un ambassadeur du projet touristique et culturel de Loropéni… que vous compreniez que l’Afrique a un génie ».
« Le cinquantenaire de notre Indépendance montre que nos devanciers ont fait d’excellent travail dans l’architecture, la maçonnerie et que l’Afrique doit se ressourcer pour les cinquante années à venir »a-t-il conclu. Chatouillées à l’esprit par le match Ghana-Etats-Unis (coupe du monde), les populations de Gaoua sont néanmoins restées jusqu’au bout.
AMK/IB
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