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Procès MACA: Zida projetait d’éliminer Salifou Diallo, Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé (accusé)

11/01/2017
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Burkina Faso-Justice-Procès

Procès MACA: Zida projetait d’éliminer Salifou Diallo, Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé (accusé)

Un dossier suivi spécialement par Alban KINI

Ouagadougou, le 11 janv.2017 (AIB)-Le caporal Madi Ouédraogo, présumé cerveau du projet d’attaque de la prison militaire de Ouagadougou, a assuré mardi soir, avoir mis en échec un complot de l’ex-Premier ministre Yacouba Issac Zida qui projetait selon lui, d’éliminer l’actuel président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo et les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé.

«Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés», a déclaré le caporal Madi Ouédraogo, à la barre, hier mardi dans la soirée lors de sa comparution.

Il a nié en bloc les deux chefs d’inculpation retenus contre lui, à savoir «complicité de détention illégale d’armes de guerre» et d’«association de malfaiteurs».

Pour la seconde infraction «association de malfaiteurs», le caporal Madi a déclaré avoir été victime d’un complot dont le principal instigateur serait le Premier ministre de la Transition (nov. 2014-déc.2015), Yacouba Isaac Zida.

A l’entendre, la principale pièce à conviction détenue par le parquet pour l’inculper, à savoir l’enregistrement lors d’une rencontre à son domicile, n’est qu’un grossier montage.

Selon lui, il a été « piégé » par un certain caporal Ido Claude (actuellement en mission onusienne au Mali, Ndlr).

Madi Ouédraogo reconnait que deux rencontres ont eu lieu à son domicile, sis route de Pô, derrière le quartier Ouaga 2000.

Cependant, il déclare que les dites rencontres devraient permettre de discuter de comment retrouver leurs matériels disparus au camp Naaba-Koom, à l’issue de la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Mais, poursuit-il, lors de la 2e réunion qui s’est tenue le 19 décembre 2015, le groupe d’ex-soldats du RSP a été infiltré par d’autres soldats du même ex-régiment qu’il a qualifié d’«envoyés du général Zida» dont le nommé caporal Ido Claude.

60 millions de FCFA et une villa pour chaque exécutant

Celui-ci (Ido Claude), lui aurait fait lire un document qu’il a pris le soin d’enregistrer.

«Dans le document que j’ai lu, il était mentionné des propositions d’aller attaquer la poudrière de Yimdi, se procurer d’armes, avant d’aller attaquer la MACA pour libérer le général Diendéré. Dès que j’ai lu cette partie, tous les autres camarades qui étaient venus pour parler de matériels, se sont énervés contre moi parce qu’ils estimaient que cela n’était pas possible», a confié l’accusé, avant d’ajouter que la rencontre s’est arrêtée là.

Aux dires de Madi, c’est l’enregistrement de cette partie de la réunion que la justice a utilisée pour l’inculper.

Dans ses déballages, le caporal a laissé entendre que le général Zida en voulait à sa personne parce qu’il aurait refusé une proposition indécente de l’ex-PM.

«Le 15 juin 2015, le général nous a reçus à son domicile, moi et une quinzaine d’autres soldats de l’ex-RSP. Il nous a proposé d’éliminer physiquement certaines personnalités dont les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, ainsi que l’actuel président de l’assemblée nationale Salifou Diallo.

En retour, chacun de nous devait recevoir la somme de 60 millions de FCFA et une villa. Moi j’ai refusé devant lui et les autres camarades, cette propositions indécente bien que je sache (que) son exécution était facile», a avoué Madi Ouédraogo à la barre.

Foi, de l’inculpé, certains de ses camarades auraient accepté la proposition et auraient reçu la même promesse. Mais au moment de mettre en exécution la mission, ils en ont été empêchés par lui-même et certains de ses camarades.

En effet, toujours selon l’accusé à la barre, la hiérarchie militaire du RSP a été informée. «J’ai informé ma hiérarchie de cette affaire parce qu’on dit le compte-rendu libère le subordonné », a-t-il argumenté, avant d’ajouter que certains chefs dont Gilbert Diendéré peuvent le témoigner.

Il a poursuivi qu’une fois informée, sa hiérarchie leur a demandé de surveiller les camarades qui auraient accepté la proposition de Zida. C’est ainsi qu’ils auraient pu empêcher l’attentat du domicile de Salifou Diallo.

Pour lui, c’est à cause de cela que le général Yacouba Isaac Zida et certains chefs militaires lui en veulent. «Ils ont voulu nous accusé pour pouvoir nous éliminer », a-t-il indiqué.

Durant l’audition, l’inculpé s’est exprimé avec une aisance déconcertante, donnant des dates et des faits précis et a souvent confondu le parquet avec ses réactions.

Il a été soutenu par son avocat qui a mentionné que le dossier « n’est qu’un grossier montage ».

L’audience a été suspendue aux environs de 20 heures. Elle devrait se poursuivre ce mercredi matin.

Il est reproché à Madi Ouédraogo et à 28 autres inculpés d’avoir voulu attaquer la prison militaire de Ouagadougou (MACA) pour libérer les généraux Diendéré et Bassolé, présumés cerveaux du putsch déjoué de septembre 2015.

Agence d’information du Burkina

ak/ata