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Colonel Ousmane Traoré, gouverneur de la région : «Le problème de la chefferie coutumière n’est plus cette préoccupation’’

12/01/2016
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Colonel Ousmane Traoré, gouverneur de la région

«Le problème de la chefferie coutumière n’est plus cette préoccupation’’

Tenkodogo, (AIB) - Le gouverneur de la région du Centre-Est, le colonel Ousmane Traoré, a accordé un grand entretien aux journalistes des organes de presse de la région, le mercredi 31 décembre 2015. Avec les hommes des médias, le colonel Ousmane Traoré a, dans un langage franc et souvent de fermeté, apporté des réponses aux questions touchant tous les domaines et secteurs d’activités dans la région.

 

SIDWAYA (S) : Quels seront vos projets prioritaires pour l’année 2016 de la région, si vous êtes reconduits?

Le gouverneur de la région du Centre-Est, le colonel Ousmane Traoré
(Col. O.T.) :
(Sourire et geste d’hésitation). Si nous sommes reconduits (Je veux dire entre griffe) que nous étions là pour une mission ponctuelle que nous avions planifié pour deux ans. Si le choix de la nouvelle équipe dirigeante de notre pays estime que le colonel Traoré, vous avez bien dit le colonel Traoré,  que le travail que nous avons fait mérite d’être capitalisé, mérite d’être renforcé et que nous sommes la personne la mieux indiquée pour continuer cette action, nous sommes militaire, nous allons nous soumettre à l’autorité. Si je suis reconduit, la priorité dans notre région va être la question de la sécurité. Nous sommes une région qui fait frontière avec deux pays à savoir, le Ghana et le Togo, dont la surveillance de la frontière laisse souvent passer de grands bandits de chemin. Pour se faire, nous devons avec nos collègues de l’Est et du Centre-Sud, travailler effectivement à sécuriser la zone frontalière de nos trois régions. Ce qui constitue une préoccupation qui nous a été rappelée par nos laborieuses populations de ces zones qui travaillent et qui ne profitent du fruit de leur labeur. Les paysans produisent bien, mais à la récolte, les greniers sont vidés par des délinquants. Elles ont des parcs d’élevage mais, quand le moment vient d’amener les animaux sur le marché, des bandits de grands chemins viennent conduire les troupeaux de l’autre côté de la frontière. Nous n’avons peut-être pas la solution définitive aujourd’hui, mais nous pensons qu’avec les engagements pris par les différents gouvernements et les différentes autorités militaires et paramilitaires, nous allons parvenir à convaincre la nouvelle équipe à doter les forces de défense et de sécurité (FDS) de moyens appropriés pour faire face à cette situation d’insécurité dans notre région. Ensuite, c’est l’approvisionnement en eau potable, particulièrement dans la province du Kourittenga qui manque énormément d’eau. En effet, durant toute l’année 2015, les journalistes que vous êtes, vous avez été à nos côtés. Et cela a davantage permis à la population du Centre-Est, de connaître les intentions et les actions de l’administration régionale à leur endroit. Malgré les difficultés rencontrées, nous avons pu avec l’implication de tous relever le défi sur les différents chantiers de développement engagés dans la région. Au nombre de ces défis, on peut citer entre autres au plan scolaire, un taux de réussite de 73% au CEP, 43,73% au BEPC, ce qui classe la région au 1er rang national et 41% au BAC et une place de 5e au niveau national. Au niveau de l’agriculture, les récoltes prévisionnelles étaient estimées à 296 690 T de cultures céréalières et 120 313 T de cultures de rentes et ce, malgré les conditions pluviométriques peu reluisantes qu’a connue la région. Au niveau des secteurs sociaux, de nombreuses initiatives ont été prises en faveur des couches sociales les plus vulnérables et les plus défavorisées notamment des femmes, des jeunes, des personnes âgées et des personnes vivant avec un handicap.

S. : Pensez-vous avoir été compris par vos collaborateurs dans votre position dans la résolution de certains problèmes dans l’intérêt général de la population? 

Col. O.T. : Si je réponds oui, ce serait perçu comme de l’auto satisfaction. Je voudrais laisser juges mes collaborateurs. Seulement ce que je puis affirmer sans me tromper, c’est que toutes les mesures et toutes les décisions que j’ai pu prendre, souvent dans la douleur, je les aie prises dans l’intérêt supérieur de cette région. Il y a aucune animosité orientée vers qui que ce soit. Mais soyez rassuré tant que j’aurais des observations à faire vis-à-vis d’un de mes collaborateurs, je le ferai car je considère aussi que j’ai un rôle pédagogique vis-à-vis de ceux qui travaillent avec moi. Car, c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Et si vous forgez mal, il est important que soit ceux qui utilisent vos outils ou ceux qui vous encadrent dans la forge, puissent vous donner des conseils nécessaires pour réussir votre tâche future.

S. : Qu’est-ce qui vous tenait à cœur et que vous n’avez pas pu réaliser en 2015 ? Si oui, de quoi s’agit-il ?

Col. O.T. : Oui ! Nous avions eu l’ambition de nous pencher sur la question du bicéphalisme dans nos villages, en ce qui concerne la chefferie traditionnelle, trouver des solutions. Aujourd’hui, le problème de la chefferie coutumière n’est plus cette préoccupation que nous avons trouvée en 2013 lorsque nous avons été nommés à tête de cette région. C’est vrai qu’il y a au niveau de la chefferie coutumière des préoccupations. Traitons ce problème  comme tel. Ce n’est pas une façon de le banaliser, mais ne dramatisons pas la question de la chefferie coutumière. A plusieurs reprises, la chefferie traditionnelle ou coutumière a été interpelée pour accompagner l’administration dans la résolution d’un certain nombre de préoccupations. Je voudrais profiter de cet instant, témoigner à cette institution toute la reconnaissance de l’administration régionale et souhaité que la disponibilité dont chaque chef traditionnelle ou coutumière a fait preuve puisse lui être renouvelée et que chacun en soit récompensé grassement. Il n’y a pas que la chefferie coutumière qui a été souvent interpelée. Nous aurions souhaité aussi que nos frères musulmans de toutes les confréries ou de toutes les branches prient ensemble au moins pour le Ramadan et la Tabaski, et qu’ils puissent également communier avec leurs frères catholiques la Noël ou la Saint Sylvestre. Nous n’avons pas réussi cela certes, mais nous ne perdons pas espoir. Du reste, nous savons que le message est passé. J’ai attirai l’attention de mes frères musulmans sur le fait que pour aller à la Mecque, que vous soyez Tijuana, que vous soyez Chiite ou que vous soyez Sunnite, nous prenons le même avion, nous sommes habillé de la même façon, nous descendons là-bas dans les mêmes hôtels, nous pratiquons le même rite, nous prions dans la même mosquée, nous revenons dans le même avion, nous descendons ensemble à  l’aéroport jusqu’à ce que nos familles viennent nous chercher. Comment se fait-il alors qu’arriver au village, on ne puisse pas prier ensemble ? Nous disons aujourd’hui que nous qui sommes acteurs de cette situation sur le terrain, nous serons comptables demain devant nos enfants et de nos petits-enfants. Travaillons alors même si c’est au détriment de nos propres considérations et de nos propres références, dans l’intérêt supérieur des populations. C’est en cela qu’on sortira grandi, c’est en cela que demain, devant le tribunal de l’histoire, on dira au moins que nous avons fait quelque chose même si à quelque part, quelqu’un a été vilipendé et insulté. Nous avons le devoir de nous assoir ensemble et discuter pour trouver les solutions les mieux appropriées à ces divergences qui se posent à nous.

S. : Qu’attendez-vous des nouvelles autorités pour relever des défis de développement durable du Centre-Est ?

Col. O.T. : Nous attendons beaucoup des nouvelles autorités. Ceux qui ont été désignés par le peuple burkinabè pour assurer soit la fonction suprême, soit la fonction des députés, l’ont été sur la base d’un programme qui a été proposé. Le président a été élu sur la base d’un projet de société qu’il a présenté aux populations burkinabè. Je voudrais dire encore que les populations seront regardantes sur la mise en œuvre effective de ce projet de société. Nos populations ont besoin de santé, d’eau et d’écoles. Nos populations veulent que les greniers soient pleins. Ce sont là des préoccupations qui ne seront pas discutables si elles ne sont satisfaites. En tant qu’autorités administratives, nous devons travailler à maintenir nos populations sur l’élan de mobilisation et de veilles, mais aussi à travailler au plan local à attirer l’attention des autorités centrales sur les besoins réels ou sur les dérives qui pourraient survenir dans la mise en œuvre de ce projet de société. Nous allons veiller à ce que le projet de société qui a été choisi par les Burkinabè soit appliqué de la façon la meilleure au profit de nos populations.

S. : Quels sont vos vœux pour cette année 2016.

Col. O.T. : Des vœux de santé et de succès pour l’année 2016 à chacun et à chacune, particulièrement aux forces de défense et de sécurité, et une paix abondante pour le Burkina Faso.

Interview réalisé par
Bougnan NAON

naon_2012@yahoo.fr