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Sport de maintien à Bobo-Dioulasso : une pratique qui prend de l’ampleur

12/01/2016
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Sport de maintien à Bobo-Dioulasso 

Une pratique qui prend de l’ampleur 

Les Bobolais pratiquent de plus en plus le sport de maintien. En effet, chaque soir, des sportifs amateurs prennent d’assaut les artères de la ville. Leur objectif, chasser le mauvais cholestérol. La Maison de la culture de Bobo-Dioulasso, le Stade omnisport Sangoulé Lamizana, le Camp militaire Ouezzin Coulibaly, la Place de la jeunesse (rond-point du cinquantenaire), sont autant de lieux qui se transforment chaque soir en pistes de footing.

 

Nous sommes vendredi 13 novembre 2015. L’horloge indique 18 heures. A Bobo-Dioulasso, pendant que certains entrevoient déjà tous les loisirs du week-end qui s’annoncent, d’autres se hâtent pour être parmi la première vague d’athlètes de la Maison de la culture. Ils se préparent à entreprendre le  footing autour de cet édifice dont le pourtour constitue pour eux un circuit qu’il faut boucler selon le nombre de fois qu’on s’est fixé. Et chacun y va à son rythme, pourvu qu’il atteigne son objectif. Perdre du poids pour ne plus avoir des ennuis de santé, c’est ce qui a amené Bintou Yago à emboîter le pas des sportifs amateurs. Depuis quatre semaines qu’elle s’y consacre, elle semble se sentir beaucoup mieux. « Depuis que je m’y suis mise, je me sens vraiment mieux. Je ne compte plus arrêter, parce que je ressens de l’amélioration dans ma santé. Maintenant je peux accomplir certaines tâches sans crainte », indique-t-elle. Pour Missa Tou, c’est une autre histoire. Lui pratique son sport de maintien dans une salle de gym. Il s’y est engagé depuis 2008 et ne veut plus s’en passer. Son but, se sentir bien dans sa peau. Aujourd’hui, il a un poids situé entre 85 et 88 kilogrammes alors qu’il en avait 135. « Le sport m’a apporté de l’éclosion intellectuelle en plus de ce que j’avais, de l’épanouissement physique. Le sport est d’abord un facteur de gain de santé et aussi un horizon de faisabilité sociale à travers l’équipe que j’ai retrouvée ici. Au-delà même du fait que le sport est une occupation, il est devenu pour moi une préoccupation », dit-il. Tous les soirs, il accomplit son rituel de sauts à la corde, étirements et abdos.

 

Un traitement à zéro effet

 

Les bienfaits du sport sont prônés par tous. Infirmier diplômé d’Etat dans une clinique de Bobo-Dioulasso, Guillaume Hébié explique que le sport permet d’éviter des maladies. « Le sport a des impacts positifs sur la santé. Quelqu’un qui fait le sport a plus de chance d’éviter les accidents cardio-vasculaires (AVC), d’éliminer le mauvais cholestérol », soutient-il. Selon lui, il est conseillé à tout le monde de faire le sport et à tout âge, pour un rythme minimum de 45 minutes par séances, trois fois par semaine. Aussi, a-t-il insisté sur le fait qu’il faut être régulier pour constater les répercussions, tant sur la santé que sur le physique. Par contre, les personnes vulnérables comme celles atteintes de problèmes cardiaques doivent s’abstenir de sport intensif, du fait de la fragilité de leur cœur. Il ajoute qu’il est important pour tous de pratiquer le sport, même s’il n’est pas dans les habitudes de bon nombre de Burkinabé. A ceux qui le font déjà, il dit que l’alimentation doit être mesurée pour ne pas prendre le double des calories qu’on a perdu. Aussi, à ceux qui entendent continuer, M. Hébié leur conseille d’éviter le tabac, l’alcool et tout autre excitant ou produits dopants qui affaiblissent à long terme. Il leur dit surtout de ne pas arrêter de faire le sport, pour ne pas courir le risque de prendre le double de leur poids initial. Cette théorie, la monitrice de sport Mariam Ouattara la partage. Depuis 11 années qu’elle se consacre à l’encadrement au sport de maintien, elle dit avoir fait le constat que des Burkinabé n’aiment pas le sport. « Il y en a qui viennent et qui, par la suite nous fuient, parce qu’ils trouvent les exercices trop difficiles », dit-elle. Dans sa gymnase, elle travaille avec toutes les tranches d’âge et ce sont les mêmes exercices pour tout le monde. Elle dit utiliser le moins de matériels possible, et travaille plus le physique. « Il y a aussi des clients qui viennent sur prescription de leur médecin », précise-t-elle, en parlant de ceux qui font le sport pour recouvrer la santé.

 

Faire de la promotion du sport une réalité

 

Le chef du service sport de la direction régionale des sports et loisirs des Hauts-Bassins, Moustapha Traoré se réjouit de l’engouement que les Bobolais ont pour le sport. Il a fait comprendre que la direction avait pris l’initiative pour la promotion du sport dans les services publics, mais que cela a tourné court. Il ajoute, par ailleurs, que la direction régionale des sports soutient les différents types de sports. « Nous venons en appui à tout ce qui est technique pour la réalisation des activités sportives », assure-t-il. Pour lui, malgré les efforts fournis, ceux qui s’intéressent le plus au sport de maintien sont généralement les personnes âgées. Et Bobo-Dioulasso étant reconnue comme une pépinière dans le domaine sportif, la direction régionale des sports et loisirs promet de mettre l’accent là-dessus, pour que le sport soit élevé au plus haut rang. 

 

A.B. Nicole OUEDRAOGO

(Stagiaire)