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Burkina/ Putsch manqué : Des messages à charges contre le Lieutenant Kolamba Jacques Limon

08/09/2018
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Burkina/ Putsch manqué : « Des messages à charges » contre le Lieutenant Kolamba Jacques Limon

Ouagadougou, 7 Septembre 2018 (AIB)-Le Lieutenant Kolamba Jacques Limon a réfuté vendredi à la barre du Tribunal militaire de Ouagadougou, une série de messages compromettants qu’il aurait échangés avec le capitaine Oussène Zoumbri pendant le coup d’Etat manqué de septembre 2015.

A la barre du Tribunal militaire de Ouagadougou vendredi pour répondre de trois chefs d’accusations à savoir complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtre sur 13 personnes, coups et blessures volontaires sur 42 personnes, le Lieutenant Kolamba Jacques Limon a plaidé non coupable.

Pour autant, il est confondu par une série de messages qu’il aurait échangés durant la période du coup d’Etat manqué avec le capitaine Oussène Zoumbri.

Des messages lus vendredi devant le Tribunal par le parquet militaire. On y retient entre autres. « Aucune radio ne doit pouvoir encore appeler les gens à marcher », « c’est un point de non-retour, sinon on est foutu…il faut maitriser les OSC », « capitaine, j’infiltre les gens et je vous informe ».

L’accusé dit ne pas se reconnaitre dans certains de ces messages pris dans un téléphone qui ne l’appartiendrait pas et dans lesquels, il estime qu’il y a beaucoup « d’incongruités ».

« Dans notre corps, il y a des coups fourrés. On crée quelque chose et on te met dedans. Avec la technologie, on peut écrire un message et t’attribuer cela » a-t-il affirmé.

L’avocat de l’accusé Me Mamadou Sombié estime que l’expert Younoussa Sanfo qui a expertisé les messages du téléphone du capitaine Oussène Zoumbri incriminant son client, n’est pas fiable.

Il en veut pour preuve qu’au cours d’une formation assurée par ce dernier avant ses évènements, il se targuait de ses capacités à manipuler un téléphone même éteint.

« L’expert a rendu un rapport revanchard, vindicatif contre mon client » a-t-il affirmé.

Et ce parce que selon ses dires, son client a refusé de viser un contrat qui ne respectait pas les règles et qui a pourtant été signé entre la justice militaire et l’expert Younoussa Sanfo à hauteur de plus 347 millions de FCFA.

Une somme dont, a-t-il expliqué, une partie à hauteur de plus de 239 millions de FCFA avait déjà été versé au même expert.

« C’est moi en tant que chef de cabinet du ministre de la Défense qui devrait viser et faire signer le contrat par le ministre qui était Michel Kafando. Mais comme l’attribution du marché n’a pas été faite dans les règles de l’art, j’ai refusé de faire acheminer. C’est un contrat qui n’a pas vu le visa du service de marchés publics » a expliqué le Lieutenant Kolamba Jacques Limon.

Selon lui, le colonel Sita Sangaré et l’expert Younoussa Sanfo sont venus nuitamment le voir pour qu’il laisse passer mais il dit avoir refusé. Et de son avis, c’est ce refus qu’il paye aujourd’hui par sa comparution dans ce procès.

Selon l’avocat de l’accusé Me Mamadou Sombié, son client fait partie des militaires qui ont mis fin à la dérive du coup d’Etat à travers l’opération Restore Hope.

Cela lui a valu une médaille des plus hautes autorités de l’époque notamment le président de la Transition Michel Kafando, a-t-il affirmé.

C’est pourquoi, estime-t-il qu’ « on ne peut pas vouloir détruire une vie (celle de son client) à cause de messages, de sms fabriqués de toutes pièces ».

L’avocat de la partie civile Me Prosper Farama a lui noté une divergence entre les propos de l’accusé et ceux de son avocat sur lesdits messages.

« Votre avocat dit que tous les messages sont faux mais vous semblez dire que c’est plutôt certains qui ont été manipulés ».

Le Lieutenant Kolamba Jacques Limon dit qu’il ne fait pas la différence entre faux et manipulés.

Pour Me Prosper Farama, les affirmations du Lieutenant Kolamba Jacques Limon « sont discordants » et l’accusé se trouve selon lui dans « une position malaisée, intenable » parce qu’il sait qu’il a « assisté, aidé des personnes qui étaient dans une situation illicite ».

Le Lieutenant Kolamba Jacques Limon ne voit pas les choses sous cet angle. S’il reconnait avoir échangé avec le capitaine Oussène Zoumbri, il estime que ce n’était que « des messages de camaraderie » qui n’avaient rien à voir avec le putsch.

« Je n’ai pas assisté le Général Diendéré pour faire un coup d’Etat. Je n’ai pas participé ni à la conception, ni à la préparation, ni à la réalisation » a-t-il déclaré.

« C’est vos moyens de défenses pour vous soustraire, nous respectons cela mais c’est au Tribunal d’apprécier les faits et de juger » a estimé de son côté le parquet militaire à l’attention de l’accusé.

Pour le parquet militaire, les messages sont évocateurs de la participation de l’accusé au putsch manqué.

« Il a joué à la taupe, il a collaboré dès le 16 septembre 2015 avec le capitaine Oussène Zoumbri. C’est quand il a senti que le navire tanguait et que la situation ne pouvait plus marcher, qu’il a changé de camp à la dernière minute au profit des loyalistes » a-t-il déclaré.

« Ce sont des préjugés que le parquet militaire dit » renchéri l’accusé qui explique qu’il a plutôt travaillé depuis son bureau au ministère de la Défense pour la république durant toute la période du putsch et a même été bien noté par son chef.

« J’ai 6 décorations à la sueur de mon front. Ni en amont ni en aval, je n’ai assisté à la préparation d’un coup d’Etat» a-t-il déclaré.

Pour le Lieutenant Kolamba Jacques Limon, « si c’est à partir de messages qu’on devait juger les gens, le jugement devait se faire à la place de la Nation ».

Le Lieutenant Kolamba Jacques Limon ne faisait pas partie du Régiment de sécurité présidentiel (RSP).

Il était le chef de cabinet du ministère de la Défense et des Anciens combattants qui n’était autre que le président de la Transition en personne Michel Kafando.

Agence d’Information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU