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Burkina/Putsch manqué : Le soldat Arouna Ouédraogo poursuivi pour sa présence chez l’ex président de l’Assemblée nationale

01/09/2018
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Burkina/Putsch manqué : Le soldat Arouna Ouédraogo poursuivi pour sa présence chez l’ex président de l’Assemblée nationale

Ouagadougou, 1er Septembre 2018 (AIB)-Le soldat de première classe Arouna Ouédraogo a affirmé vendredi à la barre du Tribunal militaire, qu’il s’est retrouvé, lors du putsch manqué de septembre 2015, au carrefour de BF1 et au domicile du défunt président de l’Assemblée nationale Salif, de façon fortuite.

Poursuivi pour deux chefs d’accusations qui sont complicité d’attentat à la sureté de l’Etat et coups et blessures volontaires sur 42 personnes, le soldat de première classe Arouna Ouédraogo, n’a pas reconnu les faits vendredi devant le Tribunal militaire.

Le 16 septembre 2015, le spécialiste en électricité au sein du Régiment de sécurité présidentiel (RSP), s’est rendu, selon son récit vendredi devant la barre du Tribunal militaire, au conseil de l’entente (l’autre camp du RSP au moment des faits) pour des travaux.

Sur place, il reçoit un coup de fil d’une connaissance qui l’informe que les autorités de la Transition, auraient été arrêtées.

Il apprend au conseil de l’entente que le quartier est consigné et on lui demande de rejoindre sa base.

Le jeune soldat se rend donc au camp Naba Koom 2 où d’ailleurs, il réside et constate à l’entrée que tous les militaires sont en tenue spécifiques RSP. Il court porter la sienne et rejoint son poste de garde.

C’est là, selon son récit qu’un sergent qu’il dit ignorer le nom est passé le prendre vers 20 heures, pour une "tâche".

Mais à sa grande surprise, selon ses dires, ce dernier l’a conduit lui et d’autres soldats au carrefour de la télévision privée BF1 pour y assurer la sécurité.

Ils seront relevés vers 22 heures par une autre équipe.

Pour le parquet militaire, le soldat Arouna Ouédraogo aurait déclaré lors de son interrogatoire au fond, savoir qu’il se rendait au carrefour de BF1.

« Le sergent m’a dit d’embarquer, pour moi, c’était pour aller chercher de la nourriture à la cuisine comme d’habitude. Je ne savais pas qu’on sortait pour une mission » a affirmé le soldat en précisant qu’il est parti en tenue débrayée et sans son arme de dotation.

Le soldat Arouna Ouédraogo a expliqué que le 17 septembre 2015, il a pris place dans le véhicule du sergent-chef Roger Koussoubé afin que ce dernier la déposé au conseil de l’entente pour qu’il récupère ses matériaux de travail d’électricité laissés la veille.

Mais ce dernier qui était avec le sergent Djerma, l’a plutôt emmené à son pied à terre, à l’ancien immeuble du Premier ministère appelé Promotion.

Sur le chemin du retour au camp Naba Koom 2, ils se sont rendus au domicile du défunt président de l’Assemblée nationale Salif Diallo qui semble-t-il était attaqué.

« Vous sortez pour aller chercher votre matériel, vous n’allez pas là-bas, on vous retrouve dans des endroits où des infractions ont été conduits, cela est curieux » a affirmé le parquet militaire.

« Le véhicule n’était pas à moi. Le sergent Djerma s’est dirigé ailleurs, je ne pouvais rien faire » a déclaré l’accusé.

Au domicile du défunt Salif Diallo, le soldat Arouna Ouédraogo a déclaré qu’il a même protégé des personnes que certains de ses frères d’armes avaient commencer à frapper.

Sur ce point, le parquet militaire a reconnu que Rodrigue Koné et l’Assistant de police Yacouba Manli qui étaient présents au domicile de Salif Diallo, ont affirmé lors des confrontations, qu’il y avait un militaire qui empêchait les autres de les frapper.

Le soldat Arouna Ouédraogo a également participé à une mission d’escorte d’une citerne pour Bingo (périphérie ouest de Ouagadougou, où la nationale des Hydrocarbures dispose une grande réserve ), cette fois-ci à la demande de son sergent de semaine, selon ses dires.

Pour l’avocat de l’accusé Me Ignace Tougma, le parquet militaire essaie de poser des questions pour avoir des éléments afin de charger son client.

Selon lui, les procès-verbaux des interrogatoires posent problème. Il a donc invité le Tribunal militaire à s’en tenir qu’aux propos de son client devant la barre.

« Mon client n’a effectué aucune mission. Il n’a pas donné de coups à aucun manifestant ni civil » a-t-il déclaré.

Le soldat Arouna Ouédraogo est le quarantième accusé à passer à la barre sur les 84 accusés.

Agence d’Information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU