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Burkina/Putsch manqué : le parquet félicite Moutuan Combia pour sa conscience professionnelle

01/09/2018
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Burkina/Putsch manqué : le parquet félicite Moutuan Combia pour sa conscience professionnelle

Ouagadougou, 1er septembre 2018 (AIB)-L’Adjudant-chef major Moutuan Combia qui assurait l'intégrité physique du président Kafando, a assuré samedi à la barre, avoir ignoré l’ordre du Général Gilbert Diendéré qui invitait les éléments du Régiment de sécurité présidentiel (RSP) à refuser le désarment. Une attitude saluée par le parquet.

Poursuivi pour trois chefs d’accusations, à savoir complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre sur 13 personnes, coups et blessures volontaires sur 42 personnes, l’Adjudant-chef major Moutuan Combia n’a pas reconnu les faits.

Il a expliqué qu’il a préféré obéir aux directives de la hiérarchie militaire plutôt qu’à celle du Général Gilbert Diendéré .

De son récit, le 28 septembre 2015, au cours du rassemblement au carré d’armes, le Général Gilbert Diendéré a demandé aux éléments du RSP , «de rester souder quel que soit la situation» et de ne pas « accepter le désarmement».

« Surpris », l’Adjudant-chef major Moutuan Combia dit l’avoir été, d’autant plus que deux jours auparavant soit le 26 septembre 2015, le chef d’Etat-major général de l’Armée de Terre s’était entretenu avec la troupe en les invitant au désarmement et à leur redéploiement.

Le jour suivant soit le 27 septembre 2015, c’est le chef de corps par intérim le Commandant Abdoul Aziz Korogo qui avait lu la note générale d’affectation à la troupe et expliqué les procédures pour rejoindre les nouveaux postes d’affectation.

L’Adjudant-chef major Moutuan Combia dit avoir immédiatement réintégré ses armes le jour de la lecture de la note et est resté en attente de sa note d’affectation afin de rejoindre son nouveau poste.

L’Adjudant-chef major Moutuan Combia était le chef d’accompagnement de la sécurité présidentielle chargé d’assurer l’intégrité physique du président Michel Kafando au moment des faits.

Il a expliqué que le 16 septembre 2015, les putschistes ont « mis à plat ventre » ses éléments qui assuraient la sécurité du bâtiment du Conseil des ministres, les ont « désarmés » et sont « montés pour faire sortir le président Kafando et son Premier ministre ».

L’Adjudant-chef major Eloi Badiel a ensuite envoyé le sergent-chef Adama Diallo le chercher.

A son arrivée devant l’Adjudant-chef major Eloi Badiel, l’Adjudant-chef major Moutuan Combia, affirme que ce dernier lui aurait dit de se calmer et lui a donné une chaise pour s’asseoir.

Aucune mission liée au putsch ne lui sera accordée car explique-t-il le lendemain, l’Adjudant-chef major Eloi Badiel a constitué des groupes pour des missions mais lui n’en faisait partie.

C’est plutôt dans la soirée du 17 septembre 2015, qu’il reçoit l’ordre du capitaine Abdoulaye Dao d’exécuter deux missions.

La première consistait à mettre en place un cortège pour accompagner le président de la Transition Michel Kafando à sa résidence.

La seconde, était de désigner des groupes devant assurer la sécurité du président sénégalais Macky Sall qui devait fouler le sol burkinabè le 18 septembre pour résoudre la crise née du putsch manqué.

L’Adjudant-chef major Moutuan Combia s’exécute de ses deux missions et son calendrier du 18 au 20 septembre 2015, sera consacré à la sécurité du président sénégalais Macky Sall.

Il rendra ensuite compte à celui qui l’avait mandaté pour la mission, le capitaine Abdoulaye Dao, deux jours après le départ du président sénégalais.

Ce même jour, il dit avoir appris qu’il y a des blindés qui ont quitté Fada N’Gourma et Kaya pour venir déloger le RSP au camp Naba Koom 2.

L’information a été donnée par le chef de corps par intérim qui a ordonné de s’organiser par groupement de combat.

A la constitution des groupes, l’Adjudant-chef major Moutuan Combia dit s’être retrouvé dans le groupe de réserve.

Le lendemain soir au poste de commandement (PC), son commandant d’unité, le Lieutenant Abdoul Kadri Dianda l’a ordonné de mettre en place des groupes mais l’Adjudant-chef major Moutuan dit l’avoir suggéré de laisser tomber cette affaire de constitution de groupes pour résister aux loyalistes.

Le parquet militaire a salué «la clarté de l’exposé de l’accusé» et sa «conscience claire que quand l’ordre qui vient d’une autorité n’est pas régulier, il ne faut pas l’exécuter ».

Pour l’avocat de l’accusé Me Timothée Zongo, « il n’y a pas d’éléments matériels à coller à son client ».

Selon lui, les gens s'étonnent que l'équipe de Combia n'ait pas pu opposer un début de résistance au putschistes.

De son avis, la sécurité du président Kafando était assurée par un dispositif sécuritaire comprenant plusieurs équipes dont l’une était dirigée par son client.

Aussi, la seule équipe de son client ne pouvait contrer l’arrestation surtout que d’autres équipes de ce même dispositif sécuritaire étaient mêlées à l’arrestation et au putsch.

Agence d’Information du Burkina

Wurotèda Ibrahima SANOU