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Attaques à l’Est : le désarroi commence à se sentir au niveau du secteur informel (Reportage)

01/09/2018
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Burkina-Sécurité-Attaque

 

Attaques à l’Est : le désarroi commence à se sentir au niveau du secteur informel (Reportage)

 

Fada N’Gourma, 31 Août 2018 (AIB)-L’attaque à la mine artisanale qui a tué mardi, sept militaires burkinabè, suivie deux jours plus tard, de l’incendie d’infrastructures dans un campement de chasse à Pama, a semé la psychose à Fada N’Gourma, chef lieu de la région de l'Est et porté un coup dur au secteur informel, selon l’envoyé spécial de l’AIB.

 

La ville de Fada N’Gourma, à l’Est du Burkina Faso, porte un manteau sombre ce jeudi matin.

 

L’onde de choc de l’attaque à la mine artisanale qui a tué mardi, sept militaires, à une trentaine de Km plus loin, a profondément touché les Fadalais.

 

Quelques heures plutôt, c’était la gendarmerie de Pama (106km de Fada N’Gourma) qui essuyait un assaut (pas de victimes).

 

Comme pour affirmer leur puissance, les ennemis invisibles ont incendié dans la nuit de mercredi à jeudi, des infrastructures dans le campement de chasse Kompienbiga, à 15 km de Pama.

 

Ces trois attaques en 48h, ont eu lieu, après les décès de cinq gendarmes et d’un civil, fauchés par une mine artisanale, le 11 août dernier à Boungou, à une centaine de km de Fada N’Gourma.

 

«Tout le monde a peur un peu partout dans la ville», bégaye Ali Dayamba, un commerçant au secteur 7 de Fada N’Gourma.

 

«Avant j’ouvrais ma boutique à 5h et je refermais à 23h, souvent à minuit. Mais là, je suis obligé d’ouvrir à 5h30 pour refermer entre 22h et 22h30. Donc du coup, je perds beaucoup de clients. On pouvait en une journée vendre 75 000FCFA, mais maintenant on est loin de 50 000FCFA par jour», se lamente-t-il.

 

Le caissier du maquis Satellite, Adu Tcharé, est formel : «Après l’attaque, les gens ont commencé à déserter les maquis à cause de la peur».

 

«Si tu quittes le maquis tard, sois sûr que tu vas rencontrer des hommes en tenues (FDS) qui contrôlent les noctambules. Les gens n’aiment pas trop cette situation. Ils préfèrent donc rentrer plus tôt», dit le Togolais.

 

Il ajoute : «Bien avant les attaques, on pouvait faire un chiffre d’affaire journalier de plus de 600 000FCFA, alors que maintenant nous sommes autour de 300 000FCFA ou même 200 000FCFA. Avant on restait jusqu’à 2h du matin. Mais maintenant, c’est autour de 23h qu’on ferme le maquis».

 

Amélie Thiombiano, restauratrice, pleure toujours les morts de ces attaques. « On compatit à la douleur des familles endeuillées parce que ce n’est pas facile que des soldats partent tomber sur le front pour défendre la nation », dit-elle, ajoutant que «les forces de l’ordre n’ont vraiment pas de vie».

 

Et de poursuivre : «Les gens se demandent ce qu’il faut faire pour éviter toutes ces attaques. Tu ne sais pas si la prochaine cible n’est pas ta famille. L’affluence dans mon restaurant n’est plus la même qu’avant l’attaque. (…) Mais je n’évaluerai pas ma perte en termes de chiffre d’affaires, puisque des gens sont morts pour nous. C’est la perte de leur vie qu’il faut d’abord voir».

 

Amélie Thiombiano demande aux autorités de «doter nos forces de l’ordre en matériel nécessaire pour lutter contre le phénomène, car selon elle, «nous vivons tous dans le risque, dans la rue, au bureau ou sous le lit».

«La peur est beaucoup plus visible chez ceux qui vont dans les localités environnantes de Fada pour faire du commerce. Parce qu’il nous est revenu que beaucoup de routes ont été minées avec pour cibles les véhicules. Et si cela est vrai, c’est que n’importe qui, est une cible potentielle. Je ne sais que dire mais j’ai énormément peur», relate le photographe Ali Boly.

 

Un anonyme s’est insurgé contre le politique et a plaidé pour une intervention des Koglwéogo (groupes d’autodéfense).

 

«Pour que nous soyons en paix, il faut que les Koglwéogo soient un peu partout au Burkina. Ce sont des gens qui travaillent bien comme les CDR (Comités de défense de la révolution-sankariste-, ndlr) le faisaient à l’époque pour nous épargner des problèmes», dit-il.

 

Il propose qu’on «laisse les Koglwéogo de chaque localité, fouiller partout dans les recoins pour déloger les malfaiteurs».

 

Le Haut-commissaire de la province du Gourma Adama Jean-Yves Béré qui assure l’intérim au Gouvernorat, conseille aux populations d’être vigilantes et de collaborer avec les Forces de défense et de sécurité.

Agence d’Information du Burkina

Adama SALEMBERE

NB : Photo d’archive et d’illustration/aouaga.com