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Sitégné Hien, directeur régional de l’agriculture et des aménagements hydrauliques des Hauts-Bassins:« Il nous faut une fin de campagne légèrement tardive, pour avoir une campagne agricole normale &

19/07/2018
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Sitégné Hien, directeur régional de l’agriculture et des aménagements hydrauliques des Hauts-Bassins

« Il nous faut une fin de campagne légèrement tardive, pour avoir une campagne agricole normale »

La campagne agricole humide s’est installée tant bien que mal dans la région des Hauts bassins. De façon générale, les travaux agricoles se déroulent normalement et la physionomie des plants donne une lueur d’espoir. En tout cas, c’est le sentiment livré par Sitégné Hien le directeur régional (DR) de l’agriculture et des aménagements hydrauliques des Hauts-Bassins, (Ndlr : en fin de mission. Avec lui, nous avons également évoqué les ravages causés par les chenilles légionnaires et la question des intrants.

Sidwaya (S) : Monsieur le Directeur, comment se présente la saison agricole dans les Haut-Bassins ?

Sitégné Hien (S.H.) : La campagne agricole 2018-2019 dans la région des Hauts-Bassins, par rapport aux années précédentes, s’est installée tardivement. Connaissant notre agriculture qui est vraiment tributaire de la pluviométrie, les travaux agricoles ont démarré avec un léger retard. Mais lorsque les pluies ont démarré, il y a eu une régularité et une bonne répartition dans le temps et dans l’espace. La physionomie des plants, vue la quantité d’eau reçue, se présente bien. Il nous faut simplement une fin de campagne légèrement tardive pour avoir une campagne agricole normale.

S : La lutte contre les attaques parasitaires, dont celles des chenilles légionnaires, a été au centre du thème de lancement de cette campagne. Quel est à ce jour la situation dans votre région ?

S.H. : La présence des chenilles légionnaires a été signalée depuis la campagne sèche dans notre région. Nous étions inquiets face à cet ennemi des cultures, mais la régularité des pluies a été telle que son seuil de nuisibilité est faible, comparativement à certaines localités. Sinon, elle a été signalée dans toutes les provinces de la région. Nous restons vigilants, vue sa capacité à se proliférer. Trois équipes réparties dans les trois provinces, y mènent des investigations pour trouver les mesures de lutte possibles. Et cela, afin d’endiguer au mieux le phénomène.

S : La mise à disposition des intrants et des semences a souvent connu des retards. Quelles sont les dispositions prises à ce niveau ?

S.H. : S’agissant de la mise à disposition des intrants et des semences, cette année, est là où nous avons eu plus de célérité. Les intrants étaient déjà là et prêts à être mis à la disposition des producteurs. S’il y a eu un léger retard, c’est dans la mise à disposition des semences, de l’engrais, et de quelques matériels agricoles. Nous sommes présentement à la fin de l’opération. Nous pouvons donc affirmer que ce qui est prévu par le ministère a été mis à la disposition des producteurs. Ce qui est surtout intéressant, est que les producteurs, au niveau communal, se sont même organisés pour payer et venir faire l’enlèvement.

S : Qu’en est-il du mot d’ordre de boycott de la culture de l’or blanc, lancé par des producteurs de coton? Quel est son ampleur dans les Hauts-Bassins ?

S.H. : Pour la production cotonnière, il faut comprendre que beaucoup d’acteurs sont concernés. Il y a l’Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton du Burkina (UNPCB), la SOFITEX et son dispositif, et les services du ministère en charge de l’agriculture. Nous, nous intervenons plus dans le volet accompagnement technique. Or, la crise actuelle est plus interne. La SOFITEX est mieux indiquée pour répondre à cette question. Pour notre région, c’est la partie nord de la province du Kénédougou, notamment vers N’dorola, qui est vraiment touchée par cette crise.

S : Quel sont vos projections pour la campagne agricole 2018-2019 ?

S.H. : En termes de projection, nous prévoyons un millions de tonnes pour ce qui est des céréales, 375.000 tonnes pour les cultures de rente, et 155.000 tonnes pour les cultures vivrières.

S : Voudrez-vous nous rappeler les résultats de la campagne écoulée ?

S.H. : La campagne passée, dans l’ensemble de la région, nous avons été excédentaires, par rapport à la couverture des besoins céréaliers. Nous étions aussi à environ un million de tonnes. Nous occupions le premier rang en termes de production sur le plan national. La saison écoulée, la région des Hauts-Bassins est allée jusqu’à 20% de la production nationale de céréales.

S : Un mot à l’endroit de tous les acteurs du secteur agricole de la région ?

S.H. : S’il y a un mot à l’endroit des producteurs de la région, c’est de les appeler à la vigilance, face au phénomène de la chenille légionnaire. Car, elle peut occasionner des baisses de rendements parce que la région des Hauts-Bassins est la plus grande productrice de maïs, et la chenille est plus inféodée au maïs. Le maïs constitue les trois quart (¾) de la production céréalière de la région et produit 40% du maïs national. Le paradoxe est qu’en même temps que la région est la référence dans la production céréalière, elle est aussi vulnérable face à la chenille légionnaire.

Propos recueillis par

Alpha Sékou BARRY