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Indépendance de la justice au Burkina-Faso : le pouvoir exécutif, un obstacle pour le pouvoir judiciaire

13/06/2018
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Indépendance de la justice au Burkina-Faso   

Le pouvoir exécutif, un obstacle pour le  pouvoir judiciaire  

Le Dr en droit public, Pierre Claver Millogo a animé une conférence publique sous le thème « Mythe de l’indépendance de la justice au Burkina Faso », le jeudi 31 mai 2018 à l’Institut supérieur des sciences de la santé de Bobo-Dioulasso (INSSA).

 

 « La justice est dans les mains des tenanciers du pouvoir ». Ces propos sont du Dr en droit public, Pierre Claver Millogo, devant des étudiants en droit à l’Institut supérieur des sciences de la santé de Bobo-Dioulasso (INSSA). Il l’a affirmé au cours de la conférence publique sous le thème «Mythe de l’indépendance de la justice au Burkina Faso », le jeudi 31 mai 2018. Selon lui,  le mythe de l’indépendance de la justice au Burkina Faso existe à deux niveaux. Il s’agit d’une part, des textes consacrant en théorie  l’indépendance de la justice mais non traduits dans la pratique et d’autre part, du constat d’un manque d’indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et du pouvoir financier. En effet, pour Pierre Claver Millogo, le pouvoir exécutif  influence le travail du juge à plusieurs niveaux, en ce sens qu’il ne veut pas qu’un certain nombre de dossiers politiques soient élucidés. « Ces juges n’ont pas de marge de manœuvre pour exercer librement », a-t-il ajouté. Aussi, il a estimé  qu’un certain nombre de pesanteurs font que la justice ne peut prétendre être libre. Des pesanteurs liées à leur carrière et à leur mode de recrutement. De son avis, le fait que les magistrats répondent à une hiérarchie, leur dépendance au Conseil supérieur de la magistrature et aussi au ministère en charge de la justice rend « utopique »leur indépendance. L’inamovibilité des magistrats est remise en question, a-t-il poursuivi.  En effet, « des juges sont affectés pour nécessité de travail, alors que cela se révèle être des sanctions pour n’avoir pas obéi aux ordres de l’exécutif», a-t-il soutenu. Cependant, Dr Millogo reste convaincu que l’espoir est toujours permis dans la quête vers l’indépendance de la justice.  La justice burkinabè sera indépendante si on arrivait à résoudre les difficultés liées au manque de moyens matériels et financiers auxquels sont confrontées les juridictions du pays, a-t-il  conclu.

Boudayinga J-M THIENON &

Thierry SAWADOGO

(Stagiaire)