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Ouagadougou : En 25 ans, le nombre d’enfants et jeunes en situation de rue a été multiplié par 30

12/06/2018
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 Burkina-Société

Ouagadougou : En 25 ans, le nombre d’enfants et jeunes en situation de rue a été multiplié par 30

Ouagadougou, 12 juin 2018 (AIB)-Le nombre d’enfants et jeunes en situation de rue (EJSR) dans la capitale burkinabè, est passé de 81 en 1990 à 2 329 personnes en 2016, représentant 25% de l’effectif national de 9 313, a appris l’AIB mardi auprès d’un responsable de l’Action sociale.

Le recensement en 2016 des enfants et jeunes en situation de rue (EJSR) fait ressortir 9313 cas pour 49 communes urbaines du Burkina Faso dont 2329 individus (25%) pour la seule ville de Ouagadougou.

Ces chiffres ont été donnés le mardi 12 juin 2018 par le Directeur régional en charge de la Solidarité nationale du Centre, Abdoul Mamadou Bassaoulet, à l’occasion de la première session du Cadre de concertation provinciale du Kadiogo.

Il a précisé que le terme ‘’enfant’’ renvoie à un être humain de moins de 18 ans alors que l’expression ‘’jeune’’, désigne toute personne âgée de 10 à moins de 25ans.

D’après l’administrateur social, en 1990, les EJSR était au nombre de 81 à Ouagadougou, 525 en 2002 et 1 396 en 2010. Au niveau national, on a recensé 2 146 EJSR en 2002 et 5 721 en 2010.

Parmi les 9 313 EJSR dénombrés en 2016, figurent 7 546 garçons (81%) et 1 767 filles (19%), a affirmé Abdoul Mamadou Bassaoulet.

Selon M. Bassaoulet, les régions du Centre (25%) et des Hauts-Bassins (16,6%) abritent à elles seules, 2/5 de l’ensemble des EJSR.

Les régions pourvoyeuses des EJSR sont le Sahel (14,3%), les Hauts-Bassins (13,3%) et le Centre (9,3%), a-t-il ajouté.Le Directeur régional en charge de la Solidarité nationale a noté aussi que le groupe dominant est celui des 12 à 15 ans (35,3%), suivi des 16 à 18ans (21,9%) et des plus de 18ans (16, 2%).

Il a particulièrement regretté la présence de 897 enfants de zéro à cinq ans (9,9%), utilisés parfois par leurs parents dans la mendicité.

Les principales raisons qui expliquent cette situation sont la pauvreté, selon 35,6% des enquêtés et les foyers coraniques (27,4%) dont la majorité des apprenants mendient dans la rue.

L’explosion démographique, l’exode rural, les faibles taux de scolarisation, les déperditions scolaires, les conflits familiaux sont également des facteurs à prendre en compte, d’après Abdoul Mamadou Bassaoulet.

Il a indiqué que le ministère en charge de la Solidarité nationale ambitionne de retirer 50% des EJSR d’ici à 2020 à travers la prise en charge adéquate de ceux qui sont en rue et le développement de mécanismes de prévention en faveur de ceux qui courent des risques de se retrouver dans la rue.

M. Bassolet a affirmé qu’en 2017 ; 242 EJSR ont été scolarisés au primaire, 126 au post primaire et au secondaire et 318 inscrits en formation professionnelle.

157 sont retournés dans leur localité d’origine, 27 d’entre eux ont bénéficié d’activités génératrices de revenus et 32 enfants à risque ont été placés dans des internats éducatifs.

Il a aussi mentionné la création en 2017, d’un Centre d’accueil d’urgence, la création de cinq équipes d’intervention en milieu ouvert (EIMO) et la mise en place de cinq ‘’points espoir’’ (espaces de jeux et de loisirs, d’écoute et de soins).

A la suite de l’éducateur sociale, la chargée de programmes du PNGT2-3, Salamata Ouédraogo a fait le bilan des réalisations de l’année 2017.

On retient que le deuxième Programme national de gestion des terroirs, phase 3 (PNGT2-3) a investi 318 millions 360 mille 804 FCFA en faveur des six communes rurales de la région du Centre (Tanghin-Dassouri, Komki-Ipala, Saaba, Koubri, Komsilga, Pabré) et du Conseil régional du Centre.

Les activités de formation et de communication ont coûté respectivement 7 millions 833 mille FCFA et 1 million 200 mille FCFA.

En 2017, le PNGT2-3 a débloqué 2 millions 140 mille FCFA pour les activités de concertation et 29 millions 424 mille 261 FCFA dans le foncier rural.

Le financement des investissements du développement local (FIDL) a atteint 229 millions 452 FCFA.

Enfin, le Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM) a investi à travers le PNGT2-3, une somme de 48 millions 306 mille FCFA.

Salamata Ouédraogo a aussi informé les membres du CCP Kadiogo, que le PNGT2-3 refermera ses portes en décembre 2018.

Selon elle, les responsables du projet sont en train de voir avec les plus hautes autorités du Burkina Faso, la possibilité d’utiliser le restant des fonds pour réaliser des investissements supplémentaires.

Agence d’Information du Burkina

Tilado Apollinaire ABGA

abgatilado@yahoo.fr