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Lutte contre la pratique de l’excision :les ex-exciseuses s’engagent dans la lutte

17/05/2018
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Lutte contre la pratique de l’excision

Les ex-exciseuses s’engagent dans la lutte

Le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE), en partenariat avec la Direction provinciale de la femme, de la solidarité nationale et la famille de la Sissili et l’Association des amis burkinabè de la Fondation Raoul-Follereau du Luxembourg, a organisé, du 10 au 12 mai 2018 à Léo, une formation au profit des ex-exciseuses et ex-exciseurs de la province de la Sissili aux méfaits de la pratique et en techniques de communication.

La loi réprimant la pratique des Mutilations génitales féminines (MGF) ne semble pas appliquée dans toute sa rigueur au Burkina, en témoignent les sursis, les condamnations en deçà du minimum de sanction prévu, les relaxes de complices, etc. En cas de condamnation ferme, les prévenus ne comprennent pas toujours la gravité de leurs actes, ni la justification de leur condamnation.

C’est ainsi qu’après avoir purgé leur peine, ils retournent chez eux sans avoir bénéficié de sensibilisation aux méfaits de l’excision tout au long de leur temps de détention et reprennent tranquillement leur activité d’excision. Ces phénomènes interpellent les décideurs et les acteurs de la lutte sur la nécessité de trouver et de développer des stratégies pour l’atteinte des objectifs de la « tolérance zéro aux mutilations génitales féminines ». Parmi celles-ci se trouve le renforcement de la pression légale sur les auteurs et complices d’excision mais aussi leur implication pour l’atteinte des objectifs. 

Selon les organisateurs, l’objectif visé à travers cette formation est d’obtenir l’adhésion des ex-exciseuses et ex-exciseurs pour leur contribution dans l’atteinte de la tolérance zéro aux MGF dans la province de la Sissili car ces acteurs sont bien placés pour révéler dess secrets et peuvent convaincre les autres d’abandonner cette pratique néfaste. 

72 heures durant, ces ex-exciseuses et ex-exciseurs ont renforcé leurs connaissances sur les méfaits de la pratique de l’excision et les techniques de communication à travers les sous-thèmes suivants : généralités sur la pratique de l’excision, fondements et arguments contre la pratique, conséquences néfastes de la pratique de l’excision, possibilités de réparation des séquelles, rôles dans les actions de promotion de l’abandon de l’excision, présentation de la boîte à images, causeries éducatives, jeux de rôles et porte-à-porte. De l’avis de la secrétaire permanente du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision, Rachel Kando/Badolo, cette formation vient à point nommé en ce sens que certaines ex-exciseuses ont une petite notion sur les méfaits. Pour d’autres, c’est la méconnaissance totale de l’organe génital.

« On s’est rendu compte qu’à travers cette formation, elles se sont approprié les outils de la lutte contre les MGF, d’autant plus qu’elles sont des agents de changement de comportements auprès de leurs paires, puisqu’à travers les techniques de communication comme les causeries éducatives et les porte-à-porte, on sent qu’elles veulent l’abandon des MGF », a conclu Rachel Kando/Badolo. Au regard de leur engouement pour cette problématique, il y a de l’espoir que les objectifs visés seront atteints. Madame Kando souhaite par ailleurs que ces genres d’action soient intensifiés dans la région du Centre-Ouest où les acteurs sont mis devant les faits.

Olivier Alexandre NIGNAN

     AIB/Léo