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Exclusion sociale pour fait de sorcellerie :des séances de sensibilisation dans les localités à haut risque

09/02/2018
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Exclusion sociale pour fait de sorcellerie

Des séances de sensibilisation dans les localités à haut risque

Koudougou, (AIB) - La Direction régionale des droits humains et de la promotion civique du Centre-Ouest a mené une campagne de sensibilisation sur l’exclusion sociale pour fait de sorcellerie dans six localités de la commune rurale de Ramongo, du 30 janvier au 3 février 2018. Le top de départ des séances de sensibilisation a été donné le 30 janvier dans le chef-lieu de la commune, en présence de la directrice régionale Bernadette Kanazoé, ainsi que des autorités départementales et communales.

 

Au Burkina Faso, certaines pratiques néfastes telles que l’exclusion sociale pour fait de sorcellerie perdurent. Selon le ministère en charge de la Femme, en 2016 par exemple, 926 personnes, pour la plupart des femmes, ont été enregistrées dans treize centres d’accueil du pays suite à des exclusions sociales. Cette pratique coutumière touche la plupart du temps les femmes du troisième âge et majoritairement les plus pauvres et les plus démunies, qui sont accusées d’être des sorcières ou des « mangeuses d’âmes », en cas de décès d’un membre de leur famille ou de leur communauté. De facto, ces dernières se retrouvent bannies de leurs villages après avoir subi des traitements inhumains et dégradants notamment les sévices corporels, la lapidation et l’incendie de leurs habitations. En dépit desmultiples campagnes de lutte contre les violences faites aux femmes et les campagnes de sensibilisation aux droits humains, des femmes continuent de subir des traitements cruels, inhumains et dégradants pour cause de sorcellerie. Ces pratiques sociales et culturelles constituent des atteintes graves à la dignité humaine de la femme et violent les droits qui lui sont reconnus par les instruments juridiques internationaux, notamment à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes qui recommande aux Etats parties de prendre des mesures appropriées en vue de l’abolition des pratiques coutumières préjudiciables à la femme et de la protéger contre toute forme de violence physique et mentale. Au Burkina Faso, l’exclusion sociale pour cause de sorcellerie est observable dans plusieurs localités dans la région du Centre-Ouest. Et parmi ces localités et au terme d’une enquête menée par la Direction régionale des droits humains et de la promotion civique du Centre-Ouest en 2014, sur les violations récurrentes des droits humains, il ressort que les cas d’exclusion des femmes pour cause de sorcellerie sont récurrents dans la province du Boulkiemdé avec la commune de Ramongo en tête. En effet, au cours de l’année 2016, le département de Ramongo a enregistré plusieurs cas d’exclusion sociale pour allégation de sorcellerie. Une médiation a été organisée par les autorités de la région pour permettre la réinsertion des femmes exclues.  En 2017 encore, plusieurs personnes de la localité de Kamsi, un village de Ramongo, ont fait l’objet d’exclusion sociale pour des cas d’accusation de sorcellerie. Un cas de décès parmi les personnes accusées a même été enregistré. La persistance des cas d’exclusion pour fait de sorcellerie dans cette localité porte atteinte aux droits humains et nécessite une sensibilisation de la population des villages les plus touchés de Ramongo par ce phénomène. C’est pourquoi la Direction régionale des droits humains et de la promotion civique a entrepris de sensibiliser à travers un théâtre-forum de la troupe artistique Ancien dans six villages de la commune de Ramongo. Il s’agit des villages de Kamsi, Ramongo-Tenguen, Bayandi, Paologo, Kolokandé, Salbisgo-Itaoré, autour du thème : « Les conséquences de l’exclusion sociale pour fait de sorcellerie sur l’effectivité des droits humains ». A travers ce thème, les populations des localités concernées ont été sensibilisées et c’est tout naturellement que la Directrice régionale espère que la donne va fondamentalement changer en ce qui concerne l’exclusion sociale pour fait de sorcellerie.

François KABORE