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Au coin du palais

27/12/2017
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Au coin du Palais

 

* Père de 27 enfants et « ensorceleur »

KD est un tradipraticien de 59 ans et père de 27 enfants, domicilié à Bobo-Dioulasso. Il a été cité à comparaitre le vendredi 15 décembre 2017 devant la Chambre correctionnelle de Bobo-Dioulasso, pour avoir escroqué OK, un commerçant résidant en Côte d’Ivoire. Il lui est précisément reproché d’avoir, depuis la cité de Sya, « ensorcelé »OK, un ami à son fils à qui il a escroqué 5 000 000 de F CFA. A la barre, le prévenu a plaidé non coupable. L’histoire remonte courant janvier 2016 à Vavoua, en République de Côte d’Ivoire. En effet, LD, le fils du prévenu a quitté son père en 2014 pour la Côte d’Ivoire. Dans le pays de Houphouët Boigny, il fait la connaissance de OK qui décide de l’héberger. En guise de reconnaissance à son bienfaiteur, son père a décidé de faire un « travail » afin que ses affaires marchent. Alors, il a recommandé à son fils de « faire enterrer un coq blanc, puis de le déterrer et le dépecer pour retirer une bague pour la faire porter à OK ». C’est ce qu’il avait raconté lors de l’audition à la police avant de se raviser devant les juges. Cette recommandation aurait contribué à envoûter la victime. En tout cas, c’est ce que pense la victime. L’accusé a affirmé ne même pas connaitre le plaignant. « Cela fait plus de 20 ans que je ne me suis plus rendu en Côte d’Ivoire », a-t-il fait savoir. Et le procureur de lui poser des questions pour en savoir plus sur les conditions de son audition à la police, puisque l’accusé semblait ne pas reconnaitre ce qu’il avait déclaré auparavant. Est-ce que vous avez été violenté ou affamé à la police ? « Au contraire, les policiers se sont bien occupés de moi », a-t-il répondu. Alors, pourquoi revenir sur sa décision ? « Je reconnais l’avoir dit à la police ». Mais, l’argent pour faire le « travail »a été remis à mon fils et non à moi,  a reconnu KD. « Il m’a remis 800 000 F CFA. Il ne m’a jamais dit que c’était pour faire un travail pour son ami », a-t-il fait comprendre. De l’avis du procureur, tout ceci suppose que le prévenu était en contact avec son fils, et les deux travaillaient ensemble. Pour le procureur donc, KD nie les faits parce que son fils a pris la plus grande somme. « Justement M. le procureur », a-t-il reconnu. Pour l’avocat de l’accusé, rendre prospère la victime était une idée du fils de son client. « C’est lui qui a orchestré la mise en scène du coq blanc »,a-t-il ajouté. Et de poser cette question à son client à trois reprises : « Est-ce que vous avez aidé votre fils à soutirer l’argent à OK ? » A la surprise générale, il a répondu par l’affirmative à la question de son avocat. De l’avis du ministère public, les faits sont largement constitués. Cependant, il a recommandé de requalifier les faits en complicité et de le condamner à 12 mois avec sursis, eu égard à sa qualité de délinquant primaire et à son âge avancé. Il a été finalement déclaré coupable de faits d’escroquerie, et condamné à 12 mois de prison avec sursis. 

 

* Le dealer de parcelles et la chute du maire

AB un est soudeur de 38 ans domicilié à Bobo-Dioulasso. Il a comparu devant les juges du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, le vendredi 15 décembre 2017 pour les faits d’escroquerie, à l’encontre de deux individus, DH et JZ. Il leur aurait vendu des parcelles ne lui appartenant pas, l’une à 1 million de F CFA et l’autre à 3 millions de F CFA. L’accusé a nié les faits, mais a reconnu avoir pris de l’argent avec les deux plaignants. « C’est eux qui sont venus vers moi, compte tenu de mes relations avec le maire à l’époque (ndlr : en 2014) », a-t-il ajouté. « JZ  et DH m’ont remis respectivement 1 500 000 F CFA et 1 180 000 F CFA, pour chercher une parcelle pour eux. Malheureusement quelques mois après, il  y a eu l’insurrection populaire qui a entrainé la chute du maire », a-t-il révélé. Avant de préciser : « J’ai pris l’argent avec JZ et DH pour intercéder auprès de mes amis politiciens. Je n’ai jamais voulu vendre ma parcelle à qui que ce soit ». A l’en croire, il n’a pas réussi à avoir les parcelles pour les victimes, parce que les personnes sur lesquelles il comptait à la mairie n’étaient plus en fonction. « Sinon de 2010 à 2012, j’ai aidé une dizaine de personnes à avoir des parcelles avec l’aide du maire central et certains maires d’arrondissements », a-t-il fait savoir. De l’avis des juges, cette manière de procéder n’est pas légale pour posséder une parcelle. Les plaignants pour leur part, ont donné une autre version. Selon eux, le prévenu leur aurait vendu sa parcelle à tous les deux. L’accusé pense qu’ils veulent lui arracher sa parcelle. Selon le ministère public, ce dernier a reçu de l’argent de la part de DH en contrepartie de sa parcelle, donc c’est une vente. Par contre, pour l’autre plaignant, il pense que le prévenu lui avait remis le document de sa parcelle en guise de garantie. Selon le procureur, les faits à l’encontre de AB sont avérés. Il a suggéré de le déclarer coupable, et de le condamner à 12 mois de prison ferme, le tout assorti d’une amende de 1,5 million F CFA. Après la délibération, les juges l’ont reconnu coupable. Il a écopé d’une peine de 12 mois de prison ferme et d’une amende de 1,5 million de F CFA. AB est par ailleurs sommé de payer 3 millions et 1,5 million de F CFA, respectivement à JZ et DH, à titre de dommages et intérêts.

 

* Il falsifie son extrait d’acte de naissance pour intégrer l’armée

Elève de 22 ans né le 31 décembre 1995, B.M a comparu, le vendredi 15 décembre 2017 devant le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, pour avoir utilisé un extrait de naissance falsifié afin de se faire recruter dans l’armée. Sans ambages, le prévenu a reconnu les faits. Les faits remontent en 2016 quand BM qui avait tenté sa chance au test de recrutement dans l’armée, avait échoué. L’année suivante, c’est-à-dire courant 2017, ayant dépassé l’âge requis pour se présenter de nouveau, il s’est fait établir un autre acte de naissance par le biais d’un ami à qui il a remis 25 000 F CFA. Sur le nouvel acte de naissance, il est né le 1er janvier 1997. Il arrive donc à se présenter, mais est premier sur la liste d’attente. Pour le procureur, le prévenu avait bel et bien connaissance que ce qu’il faisait était illégal. 24 mois de prison ferme, c’est ce qu’a recommandé le procureur. Cette peine a été revue à la baisse par les juges. Déclaré coupable, il a écopé de 24 mois de prison avec sursis.

 

Rassemblés par Boudayinga J-M THIENON