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Coût de l’internet au Burkina : l’étude du site britannique Cable est "contestable" (Analyse)

21/12/2017
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Burkina Faso-Internet-Etute-Contestation

Coût de l’internet au Burkina : l’étude du site britannique Cable est "contestable" (Analyse)

Ouagadougou, 21 déc. 2017 (AIB) L’étude du site britannique Cable relative aux coûts de l’internet dans 196 pays et selon laquelle le prix moyen au Burkina Faso de l’internet Haut-débit est de 966,89 dollars américains, soit 536 000 francs CFA par mois, est contestable, renseigne un article publié sur le site de Africa Check.

L’article de l’organisation Africa Check, édité par Assane Diagne, est intitulé«Burkina Faso: l’Internet haut-débit coûte-il 536 000 francs par mois ?» et examine la déclaration du site britannique.

Il rappelle d’entrée de jeu que «selon l’étude de Cable portant sur les prix de l’Internet haut-débit dans 196 pays et publiée le 21 novembre dernier, le prix moyen au Burkina Faso est de 966,89 dollars américains par mois (536 000 francs/mois)».

En effet, le site britannique révèle dans une étude que l’Afrique subsaharienne propose l’Internet haut-débit le plus cher, et plus particulièrement le Burkina Faso.

La même étude signale que l’Iran a l’Internet haut-débit le moins cher au monde avec un prix mensuel moyen de 5,37 dollars américains (environ 3 000 francs).

Africa Check dit avoir cherché les preuves de cette affirmation. «Nous avons contacté les responsables du site Cable, en l’occurrence l’assistant aux relations publiques, Eran Sandhu, et le directeur de la communication Dan Howdle. Ils nous ont envoyé le fichier contenant les données utilisées pour l’étude et des explications sur comment lire ladite étude», note-t-on.

Et d’argumenter que «Dan Howdle a également expliqué que l’étude ne porte que sur l’ADSL et la fibre, indiquant que le sans-fil, la 3G et la 4G n’étaient pas concernés. Il a précisé que concernant le Burkina Faso, seules les données de l’Office national des télécommunications (ONATEL) ont été utilisées».

En outre, Africa Check a contacté la chargée de la communication de l’ONATEL, Rakieta Bonkoungou, qui, précise-t-on, a renvoyé à une étude réalisée par l’Agence malienne de régulation des télécommunications et des postes (AMRTP).

Il ressort qu’au regard de cette étude, le Burkina Faso dispose des prix les plus bas dans les télécommunications.

«Seulement, l’étude en question procède à une +comparaison des tarifs moyens grand public du service fixe, mobile, sms, tarifs des forfaits Internet mobile prépayé et des tarifs de terminaisons+, alors que celle de Cable.co.uk portait uniquement sur l’Internet haut-débit par ADSL», informe l’écrit de l’organisation.

Selon Africa Check, sur son site Internet, l’ONATEL mentionne 8 différentes offres allant de 12 500 francs par mois pour 256 kbits/s, pour la moins chère, à 2 596 590 de francs par mois pour 50 Mbit/s, pour la plus chère.

«Cable a en effet calculé la moyenne arithmétique des tarifs, en faisant le total des prix des 8 différentes offres. Le total a été divisé par le nombre d’offres. Ce qui a donné 966,89 dollars (536 000 francs)», relate l’organisation Africa Check qui a aussi recueilli l’avis de l’ingénieur informaticien burkinabé Teg-Wende Idriss Tinto sur le sujet.

Celui-ci a confié à Africa Check que «la méthodologie utilisée pose problème puisqu’elle ne renseigne pas tout à fait sur la réalité des prix de l’Internet haut-débit au Burkina Faso».

Il a déclaré notamment que les différentes offres ne s’adressant pas à une même cible, faire la somme de leurs prix respectifs peut biaiser l’analyse.

«On peut penser qu’il faut dépenser en moyenne plus de 900 dollars par mois pour une connexion Internet haut-débit, alors que ce n’est pas ça», a conclu l’informaticien burkinabè.

Africa Check a également eu l’avis de Alex Corentin, spécialiste en réseaux informatiques et directeur de NIC Sénégal, l’organe de gestion des extensions du domaine sénégalais «.sn».

Ce spécialiste a indiqué que bien que l’étude du site britannique en elle-même soit sérieuse, «la comparaison qu’elle fait entre les pays n’a pas été faite sur la base du même référentiel».

«Comparer le prix du mégabit par mois aurait été plus explicite», a-t-il dit à Africa Check, avant de conclure que le chiffre de Cable prête à confusion.

Agence d’information du Burkina

ak/ss