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Services police de l’eau du Burkina Faso :la représentation des Hauts-Bassins partage ses expériences

16/11/2017
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Services police de l’eau du Burkina Faso

 

La représentation des Hauts-Bassins partage ses expériences

 

La direction générale des ressources en eau (DGRE) a organisé, le mercredi 15 novembre 2017 à Bobo-Dioulasso, une mission d’immersion au profit d’agents des services police de l’eau (SPE) récemment mis en place. Cette sortie leur a permis de profiter de  l’expérience de leurs aînés des Hauts-Bassins.  

 

 

La police de l’eau sera bientôt opérationnelle sur tout le territoire national. Après le premier installé en 2014 dans la région des Hauts-Bassins, et deux dans les régions du Nord et du Centre-Nord en 2016, les services police de l’eau (SPE)  sont désormais installés dans les 10 autres régions restantes du pays. Afin de permettre aux agents de ces nouveaux SPE de s’imprégner de la réalité du terrain, une mission d’immersion a été organisée, le mercredi 15 novembre 2017 à Bobo-Dioulasso, à leur intention par la direction générale des ressources en eau (DGRE). Cette sortie de terrain a permis aux agents novices des SPE, de profiter de l’expérience de leurs aînés de la région des Hauts-Bassins. Elle s’est effectuée en deux étapes. Une première dans la zone industrielle de Lafiabougou, où le groupe d’agents a pu assister à l’inspection d’unités industrielles, sur les questions de pollution. La deuxième étape a amené les visiteurs sur les rives de la rivière du Kou, dans la zone de Nasso. Là, ils ont pu constater le non-respect « des bandes de servitude », ces espaces laissés entre les berges d’un cours d’eau et les activités humaines. Somme toute, la méthode a consisté, selon le responsable du SPE des Hauts-Bassins, Florentin Garba, « à apprendre en faisant ensemble ». Dans la zone industrielle, le groupe a visité l’huilerie Nakam. Et il en est ressorti que l’huilerie en question rejette ses eaux usées dans la nature, sans savoir si les normes de rejet sont respectées. Des instructions ont alors été données au directeur général de l’usine, Kassari Konaté. « Nous leur avons demandé d’analyser les eaux dans des laboratoires accrédités pour savoir s’ils doivent les traiter ou non »,a indiqué Florentin Garba. Avant d’ajouter qu’ils se sont donné rendez-vous dans trois mois. « Si en trois visites, les recommandations ne sont pas appliquées, nous lui donnons une convocation, qui peut aboutir à des sanctions », a prévenu le responsable régional des Hauts-Bassins.

 

Songer à la répression

 

Pour ce qui est des bandes de servitude, les textes, selon M. Garba, sont clairs : « Il faut laisser au moins 100 m  de part et d’autre du cours d’eau ». Mais, a-t-il reconnu, sur le ce sujet, les populations sont toujours réticentes dans la région des Hauts-Bassins. Et ce, malgré les nombreuses sensibilisations et les multiples sorties de terrain, depuis la mise en place de leur service. L’exemple le plus palpable est celui des exploitants installés sur les flancs de la rivière du Kou, dans la zone de Nasso. Ces exploitants visités, à écouter les agents de la police de l’eau sont d’ailleurs dans une double illégalité. Premièrement, parce qu’ils occupent une forêt classée, et deuxièmement, parce qu’ils ne respectent pas la bande de servitude. Et pourtant, ces producteurs autochtones semblent ne pas ignorer la loi, mais affirment n’avoir pas d’autres choix. « Nous sommes d’accord, mais nous n’avons plus d’autres terres à exploiter », a confié  Lambert Sanou, un des producteurs trouvés sur les lieux. Pour sauver ce cours d’eau qui permet à ce jour, l’alimentation de Bobo-Dioulasso en eau potable, et l’irrigation des 1 200 hectares du périmètre de Bama, des démarches plus musclées sont envisagées. « Nous continuons à sensibiliser, mais nous allons passer à la répression », a souligné Florentin Garba. La directrice de la règlementation et du suivi des organismes des transfrontaliers (DRSOBT), Florence Kaboré a, pour sa part, reconnu que l’occupation illégale de ces bandes handicape leurs activités, dans la mesure où toutes les prédispositions nécessaires ne sont pas prévues dans la loi d’orientation pour accompagner les occupants à dégager ces lieux. A l’issue de la sortie, les participants, à l’image de Boureima Ouédraogo, un futur agent du SPE de la région de l’Est, ont vécu une expérience enrichissante. Il a assuré que ses aînés des Hauts-Bassins lui ont été d’une grande utilité.

Alpha Sékou BARRY