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Lutte contre l’excision et les mariages d’enfants: les capacités de 470 agents de santé renforcées

23/10/2017
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Lutte contre l’excision et les mariages d’enfants

Les capacités de 470 agents de santé renforcées

Ziniaré, (AIB) - Le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE) a organisé, du 9 au 14 octobre 2017, une vaste campagne de plaidoyer dans les sept communes de la province de l'Oubritenga, dans la région du Plateau central. Cette campagne de plaidoyer avait pour objectif de susciter l’engagement des Agents de santé à base communautaire (ASBC) dans la lutte pour l’abandon de l’excision et des mariages d’enfants.

Après plus de 20 ans de lutte contre la pratique de l’excision au Burkina Faso, le phénomène persiste malgré la sensibilisation et la répression. C’est pourquoi après de multiples tentatives, le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE) essaie une nouvelle stratégie avec les Agents de santé à base communautaire (ASBC) qui sont très proches des populations. C’est dans ce cadre qu’il a initié une vaste campagne de plaidoyer dans les régions du Sahel et du Plateau central. Dans l’Oubritenga, ce sont 470 ASBC qui ont été formés afin de renforcer leurs capacités dans la lutte pour l’abandon de la pratique de l’excision et des mariages d’enfants dans leurs villages respectifs. Chaque séance a débuté par une projection de film qui relate l’excision d’une fillette d’à peine six mois. Ce film documentaire a choqué certains participants et fait couler des larmes à certaines femmes. Pour Aïssatou Traoré/Karambiri, directrice provinciale en charge de la Femme, «il faut choquer l’esprit des gens sur l’horreur de cette pratique». Au cours des séances de plaidoyer qui ont suivi, les différentes formes d’excisions qui existent, leurs fondements, les difficultés rencontrées et la législation en vigueur ont été développés. Au regard des conséquences désastreuses de la pratique de l’excision sur les filles, Mme Traoré a demandé aux populations d’abandonner « cette pratique très dangereuse». Pour illustrer la recrudescence du phénomène, elle a cité les récents cas d’excision de fillettes dans la commune de Ziniaré, notamment dans les villages de Tamissi, Soulgo, Barkoundba, Nioniogo, Satté et Laongo avec, pour le seul village de Tamissi, 36 fillettes excisées. Les participants, dans les échanges, ont exprimé leur réelle volonté de lutter contre l’excision dans leurs villages. En ce qui concerne les mariages d'enfants, Mme Traoré a rappelé que « chaque enfant doit être mûr avant de se marier ; et là aussi, il faut lui laisser le soin de choisir en toute âme et conscience son conjoint pour la vie ». Les mariages d’enfants, pour elle, vont à l’encontre de nos mœurs. Pour vaincre ces phénomènes, les ASBC ont un rôle crucial à jouer, en ce sens qu’ils sont proches des populations et aux cotés des agents de santé. A la fin des séances de formation, ils ont tous pris la résolution et l’engagement de faire de l’élimination de la pratique de l’excision, du mariage des enfants et des grossesses précoces leur cheval de bataille. Un engagement très bien apprécié par la délégation du SP/CNLPE et la directrice provinciale de la Femme, de la Famille et de la Solidarité nationale. Cette campagne de plaidoyer a été co-animée par les responsables du district sanitaire de Ziniaré, de la Directrice régionale de la Femme, de la Famille et de la Solidarité nationale du Plateau central et une délégation du SP/CNLPE.

Abdias Cyprien SAWADOGO