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Talaté Sanfo/Sawadogo, déléguée régionale du Médiateur du Faso : « Les gens commencent à s’intéresser au service du Médiateur du Faso»

14/09/2017
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Talaté Sanfo/Sawadogo, déléguée régionale du Médiateur du Faso

 

« Les gens commencent à s’intéresser au service du Médiateur du Faso»

 

Installée le 24 juillet 2015 à Kaya, la délégation régionale du Médiateur du Faso du Centre-Nord a aujourd’hui deux ans. Dans cette interview qu’elle a accordée à l’Agence d’information du Burkina (AIB), la déléguée régionale, Talaté Sanfo/Sawadogo, évoque les missions de sa structure, la saisine et les dossiers enregistrés ainsi que les difficultés rencontrées.

AIB : Quelles sont les missions de la délégation régionale du Médiateur du Faso du Centre-Nord ?

Talaté Sanfo/Sawadogo (T.S.S.) : La mission de la délégation régionale est une mission de conseil, de règlement des situations des personnes qui sont lésées par l’administration. La délégation régionale est un conseil pour l’administration et un recours pour l’administré. Tous ceux qui sont lésés par l’administration peuvent venir à la délégation régionale et nous sommes disponibles pour recevoir tout réclamant qui s’estime lésé par l’administration. Voilà en gros tout ce que la délégation régionale peut réaliser comme activités au service non seulement des agents de l’Etat mais aussi des administrés.   

AIB : Comment peut-on saisir la délégation régionale du Médiateur du Faso ?

T.S.S. : La saisine de la délégation régionale du Médiateur du Faso est gratuite. Toute personne lésée est reçue sans protocole au niveau de la délégation régionale.  Elle adresse au Médiateur du Faso une demande et elle explique sa situation. Elle joint également des pièces justificatives pour nous permettre de prendre connaissance de la situation et de pouvoir la régler. Je répète, la saisine est gratuite et la demande n’est pas timbrée.

AIB : Combien de dossiers ou plaintes la délégation régionale du Médiateur a-t-elle reçus depuis votre installation ?

T.S.S. : Je précise que la délégation régionale du Centre-Nord est une nouvelle ouverture. Elle n’a été ouverte qu’en juillet 2015. Nous n’avons pas eu de dossiers en 2015. Nous avons passé tout le reste de 2015 à informer et à sensibiliser. En 2016, nous avons reçu trois dossiers. En 2017, à la date du 15 août, nous sommes à huit dossiers. Donc cela veut dire que la mayonnaise de la démarche a pris et les gens commencent à s’intéresser au service du Médiateur du Faso parce qu’ils y voient un lieu qui soulage, conseille, accueille bien les réclamants. Voilà pourquoi les gens commencent à s’intéresser au service du Médiateur du Faso.

AIB : Est-ce que parmi ces dossiers, des solutions ont été trouvées ?

T.S.S. : Oui. Dans les dossiers de 2016, il y a un dossier qu’on peut qualifier de médiation réussie parce que la personne a eu gain de cause. Il y a deux dossiers qui n’étaient pas complets. Les gens n’ont pas eu le réflexe de saisir d’abord leur administration d’origine avant de saisir le Médiateur du Faso. Je précise que c’est au vu d’un refus de l’administration d’origine de régler un problème qu’on saisit le Médiateur du Faso. Si vous n’avez pas encore saisi l’administration incriminée, nous n’avons pas de base sur laquelle travailler parce qu’il n’y a aucun papier qui montre que l’administration a refusé de vous satisfaire ou de vous écouter. Voilà pourquoi ces deux dossiers n’ont pas eu gain de cause.

AIB : La délégation régionale du Médiateur du Faso du Centre-Nord est une structure nouvelle. Qu’est-ce qui est fait pour la faire connaître au grand public ?

T.S.S. : D’habitude, le siège organise, en collaboration avec la délégation régionale, des audiences foraines dans chaque province et quelques fois dans les communes. Puis, au niveau des activités de la délégation régionale proprement dites, nous saisissons les groupes de pression comme les syndicats. Le 4 août 2017, j’ai fait une intervention au niveau de la salle polyvalente au cours d’une conférence pédagogique avec les instituteurs principaux pour les informer parce qu’ils sont amenés à gérer les instituteurs et certaines structures au niveau des Circonscriptions d’éducation de base (CEB). Nous avons fait une communication pour qu’ils connaissent et prennent conscience de l’existence de cette structure qu’est le Médiateur du Faso au niveau de la région du Centre-Nord pour pouvoir souvent orienter leurs éléments. Quelques fois, il suffit d’une simple mésentente sur un problème donné pour que le travail soit négligé mais si les agents savent qu’avec tel problème, j’ai une oreille attentive qui veut m’écouter et me conseiller, cela soulage.  

AIB : Et au niveau des médias ?

T.S.S. : Au niveau des médias, il y a la radio Notre Dame de Kaya à qui nous avons accordé une interview. Je crois que c’est à partir de cette interview que beaucoup de gens ont été informés de l’existence d’une structure de médiation dans la région du Centre-Nord. C’est une démarche qui a permis de nous faire connaitre. J’attends d’autres organes de presse. Nous ne pouvons pas travailler en vase clos. Nous demandons à la presse de nous aider à informer les populations et les agents de l’Etat de l’existence de cette structure de médiation qui est là pour eux afin de les écouter, les accompagner et les conseiller.

AIB : Quelles sont les difficultés auxquelles votre structure est confrontée ?

T.S.S. : Comme toutes les structures de l’Etat, la délégation régionale du Médiateur du Faso ne dispose pas de beaucoup de moyens pour faire le travail comme il se doit. Il aurait fallu que je puisse tenir des audiences foraines dans toutes les communes de la région mais à cause des moyens limités, je n’ai pu visiter que deux provinces et comme c’était le début, les gens n’ont peut-être pas bien compris, si bien que le démarrage a été difficile. Sinon au niveau des réclamants, des autorités régionales et des collectivités territoriales, la délégation régionale a reçu beaucoup de soutiens pour faire son travail. Je profite de l’occasion pour remercier les autorités régionales et les autorités des collectivités territoriales pour leur accompagnement, leur assistance, leur écoute dans le règlement des dossiers.

AIB : Quel est votre dernier mot ?

T.S.S. : Je demande à tous les agents de l’Etat qui servent dans la région du Centre-Nord, d’approcher le Médiateur du Faso s’ils ont des problèmes. Nous sommes disponibles et nous les attendons. Nous savons que quelques fois c’est difficile, mais quand vous avez une oreille attentive pour vous écouter, il ne faut pas hésiter. Toute personne lésée par l’administration peut venir au service de la délégation régionale où elle sera écoutée attentivement et où son problème va trouver une solution. Je demande à tous ceux qui vont entendre cet appel d’informer les autres qi’il y a une médiation au niveau de la région du Centre-Nord qui les attend. Ce n’est pas la peine de rester dans son coin pour ruminer son problème alors qu’à la délégation régionale, on peut trouver une solution. 

                                                                                                           Interview réalisée par Timothée SOME

                                                                                                                     timothesom@yahoo.fr