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24 août 2010
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Burkina-Education-Population-Implication
Les populations de Tangasgo améliorent le travail d’un projet américain

Ouagadougou (Burkina Faso) – Les populations de Tangasgo, petit village à 12 km au nord de Kaya, ont apporté des réalisations complémentaires à l’école du village construite par le gouvernement grâce au projet américain Bright.

L’école primaire comptait à l’origine trois salles, trois logements de maître et deux blocs de six toilettes devant lesquels se dressent deux réservoirs d’eau pour le lavage des mains et un peu plus loin une pompe à motricité humaine.
De nouvelles réalisations se sont ajoutées. On peut citer la cantine construite avec des briques de terre, des clôtures qui ceignent les logements de maître et surtout, au dessus des toits des panneaux solaires qui alimentent les classes et les domiciles des enseignants.

« Si quelqu’un t’aide à te laver le dos, il faut soi-même se laver le visage » a dit sagement l’abbé Isidore Elisabeth, un ressortissant de la localité ayant apporté l’éclairage à l’école. D’un coût de réalisation de six millions FCFA,  l’idée du prêtre a aussi concerné l’électrification du Centre de santé et de promotion sociale ainsi que l’église.

 « On n’a plus besoin de se déplacer souvent pour aller en ville et on prépare nos cours le soir » s’est réjoui la directrice de l’école, Delphine Kondaga. Dans les villages sans électricité comme Tangasgo, naguère beaucoup d’enseignants s’absentaient pour aller charger leur téléphone portable ou pour avoir de la boisson fraîche ou simplement suivre la télévision. Pour la directrice, l’électrification a augmenté le taux de réussite des élèves. Beaucoup d’entre eux viennent étudier le soir et bénéficient souvent de l’aide des enseignantes. Trois élèves ont été primés cette année, de même que leur directrice.

« Je suis très content d’avoir ce genre de réalisations, d’avoir vu qu’on a aidé à construire quelque chose et que la population a apporté des améliorations », s’est exprimé de son côté un chargé de Programme du Millénium challenge corporation, Serge P. Barbare. « Pour nous c’est très important » a-t-il ajouté. 

Même son de cloche de la parte du représentant de l’agence de développement des Etats Unis (USAID), Salomon Isidore Yaméogo. « C’est une situation à féliciter. Nous souhaitons avoir d’autres Abbé Isidore Elisabeth dans les autres villages où le projet est implanté » a-t-il dit.

Toute la population de Tangasgo, tout au moins les parents d’élèves, s’est inscrite dans cette philosophie en construisant la cantine et les clôtures autour des logements des enseignants. Dans ce domaine, les femmes sont en avant plan. A travers l’Association des mères éducatrices  (AME), elles ont doté les enseignantes de chaises qui servent aussi lors des réunions.

« Pendant les rencontres d’enseignants, on reçoit des aides financières de leur part » confie la directrice de l’école, Delphine Kondaga. Deux femmes bénévoles assurent la préparation des repas pour les enfants. Tandis que les autres gèrent un jardin dont les fruits améliorent les menus des enfants. De même, les femmes AME suivent le travail des enfants via les tutrices qui veuillent chacune sur une dizaine d’élèves au cours de l’année afin de prévenir toute difficulté. Enfin, elles sont mobilisées pour l’entretien permanent des murs des clôtures et de la cantine. Les hommes ne sont pas en reste.

Outre les constructions complémentaires, ils consentent à apporter des vivres en haricot et en mil pour renforcer la cantine. Pour l’année scolaire qui s’est achevée, la cantine a été ouverte en février grâce aux apports des familles. Les dons de vivres sont arrivés plus tard en avril, indique la directrice de l’école. Les hommes ont aussi planté des arbres, des neems. Même les élèves participent à l’amélioration du cadre de leur apprentissage. Ils apportent l’eau pour se laver les mains après les toilettes et doivent apporter les pailles servant à la construction des hangars et d’autres abris.

L’école de Tangasgo comme la plus part des écoles du projet Bright encourage le recrutement des filles. Elle compte 257 élèves dont la majorité est féminine (156 filles). Elle n’est pas achevée puisqu’elle compte trois salles mais quatre classes dont l’une prend les cours dans une paillote aménagée sous l’un des deux halls de l’école. La phase 2 du projet permettra de compléter les trois salles restantes pour en faire une école normalisée. Mais déjà les populations plaident pour la construction d’un collège.

Pour l’heure, l’école est bien sollicitée. De l’avis de la directrice d’école, les parents de filles du village et des villages voisins manifestent leur intérêt à y inscrire les enfants. D’autant que les prix récoltés par celles déjà inscrites, les opportunités de bénéficier de parrainage et des cours de supplémentaires offerts par des vacanciers bénévoles y sont une réalité.

Toutefois l’implication des populations dans l’amélioration de l’école est en partie attribuable à l’approche du projet américain qui encourage cela. Les parents semblent l’avoir compris. Les écoles Bright actuellement au nombre de 132, ont été construites pour accroître le taux d’éducation, particulièrement des filles au Burkina.
AMK/IB

 

 

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