Info Régions  
Accueil  L'Agence Photos  Météo Annonces Services  
29 Juillet 2010
Politique
Coopération
Intégration
lSociété
Transport
Agriculture
Economie
Energie
Infrastructures
Environnement
Education
Santé
Culture
Communication
Sport
International
Revue de presse
Dossiers
Discours du PM et réactions
Tout sur le Fespaco
Archives
Agenda
Monnaies / Devises
Hôtels / Restaurants
Agences de voyage
Contacts
Economie  

Burkina-Mines d’or-exploitation artisanale
Un éboulement fait un mort à Bourzanga  et présage des risques imminents

  Kongoussi, 29 Juill. , (AIB)- Plus de 5000 orpailleurs ont pris d’assaut un nouveau site aurifère sur une colline située à moins de 2 kilomètres de la commune rurale de Bourzanga dans la province du Bam (région du centre-nord). Dans la recherche effrénée du métal jaune, un orpailleur trouve la mort le 27 juillet 2010 suite à un éboulement.

  "Bagouro", c’est le nom de la colline située à proximité de la commune rurale de Bourzanga qui fait parler d’elle au-delà des frontières de la région du centre-nord depuis le début du mois de Juillet 2010. Selon certains vieux que nous avons rencontrés, le flanc de cette colline servait de cimetière pour des femmes décédées de suite d’accouchement et des personnes mortes accidentellement. Voilà que moins d’un mois, ce cimetière est devenu un site d’orpaillage dont l’affluence inquiète les autorités locales et les honnêtes citoyens.

Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2010, ce site enregistrait sa première victime du nom de Ouédraogo Olivier âgé d’une trentaine d’année qui a trouvé la mort par suite d’un éboulement. Selon les informations recueillies sur place, le défunt se serait introduit frauduleusement dans un trou abandonné pour chercher l’or. Pendant ses fouilles il a dû casser les supports (murs internes) et s’est retrouvé coincé dans les décombres et succombera de ses blessures. Informé de la situation, le Haut Commissaire de la province, M. Lamoussa Constant Ouédraogo s’est déporté sur le site pour constater les faits et échanger avec les responsables du site sur le bien fondé de l’arrêté portant interdiction temporaire des activités d’orpaillage.  

En rappel, l’arrêté qui date du 15 juin 2010 a été porté à la connaissance des responsables des différents sites aurifères existant sur l’étendue territoriale du Bam. A la question de savoir pourquoi la persistance des activités d’orpaillage malgré l’existence de l’arrêté, un des responsables du site El Hadj Abdoulaye KINDA répond : "Il est vrai qu’avant l’entrée en vigueur de l’arrêté, ce nouveau site n’existait pas, mais du moment qu’il fait parti du ressort de la province, on ne peut qu’appliquer les textes. Cependant il faut reconnaître que sur le terrain la réalité est tout autre, au regard de l’affluence et de l’engouement des orpailleurs. Interdire de facto les activités d’orpaillage c’est créer d’autres situations graves. Mais entre deux maux, il faut choisir le moindre mal. Suite au décès de ce matin (le 27 juillet 2010) nous allons renforcer le contrôle sur le site, et poursuivre les sensibilisations afin d’éviter d’autres drames".  

A la suite des propos du responsable du site, nous avons rencontré un orpailleur du Nom de Sawadogo Sougrinoma dit Mannéré originaire du Sanmatenga qui a laissé entendre qu’il n’est pas prêt à quitter le site si toutefois on lui interdisait de travailler. "J’ai investi tout ce que j’avais dans ce site ; me dire aujourd’hui de partir, c’est décréter en même temps ma propre mort" a-t-il relevé. Non loin de là , était arrêté  Salif Bamogo de Barsalgo qui venait juste de sortir d’un trou d’une dizaine de mètre de profondeur : "c’est parce que vous avez à manger que vous parlez de la fermeture du site" nous a-t-il lancé. Sans faire trop de commentaire, puisqu’il était furieux, nous  nous sommes éloignés de lui. 

Du côté Est de la colline, une soixantaine de moulins à grains sont entrain d’être installés. Ces moulins serviront à écraser les roches sorties des puits pour extraire l’or. Plus loin, des hangars à perte de vue sont dressés sur des champs de mil. Le propriétaire du champ (qui a préféré garder l’anonymat) nous  a confiés qu’il était dans l’obligation de céder son terrain parce qu’il ne pouvait pas arrêter les orpailleurs de mener leurs activités sur le champ malgré la poussée du mil. "Pour compenser ma perte, j’ai morcelé mon terrain pour vendre à raison de 7.000 F la dimension d’un hangar. Cela me rapporte certes, mais à cour terme car je perds d’office mon champ" a-t-il ajouté. Plus de 40 ha de champ de mil sont menacés par ses activités d’orpaillage si rien n’est fait pour limiter les dégâts.  

Dans nos escalades, pour aller vers la sortie du site, un attroupement de jeunes filles et de femmes attire notre attention. "Nous avons aussi droit à des hangars" laisse entendre une d’entre elles. Pour mieux satisfaire notre curiosité, nous nous avancions vers elles pour savoir davantage. Sur le champ, nous n’aurions pas de réponse claire à leur revendication. C’est là qu’un jeune homme nous accoste avec sourire aux lèvres et nous souffle, qu’il s’agissait des "travailleuses de sexe". Le 1er adjoint au maire de Bourzanga Mr Abdoulaye Badini dit être  préoccupé par cette situation. "Notre ville s’est vidée de ses bras valides ; dans les champs ce sont les quelques rares femmes et leurs enfants qui travaillent" a-t-il dit.   

Le conseil municipal mène des concertations avec les autorités compétentes et les responsables du site pour que des mesures soient prises afin d’éviter d’éventuels éboulements. Aussi des mesures d’hygiènes sont envisagées pour minimiser les risques d’épidémie a-t-il poursuivi. Le haut-commissaire du Bam M. Lamoussa Constant Ouédraogo reste ferme quant à l’application de l’arrêté portant interdiction temporaire des activités d’orpaillage surtout en ces temps de fortes précipitations. "Nous ne voulons plus enregistrer une perte en vie humaine a-t-il martelé. Au-delà des éboulements, l’orpaillage artisanal est la cause de plusieurs fléaux dans la province : VIH/SIDA, la prostitution, le grand banditisme ».  

A cela s’ajoutent la paupérisation déjà grandissante dans les villes et les campagnes, la déscolarisation, la destruction du couvert végétal, la disparition des surfaces culturales et bien entendu la pollution des eaux de surface suite à l’utilisation des produits toxiques. Que dire du nombre croissant d’accident de circulation causé par les grosses motos issues et des revenus des mines d’or ?
  P.W. O/IB

Lire les archives

     
CopyRight © : AIB 2007