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29 Juillet 2010
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Burkina-Politique-
La touche particulière de la Fondation Konrad Adenauer dans la promotion de la démocratie en Afrique


Ouagadougou, 17 juil. (AIB) – Pour aider à l’enracinement de la démocratie en Afrique, la Fondation Konrad Adenauer  (FKA) a décidé de prendre une part active  dans la formation au bénéficie de journalistes, de partis politiques, de parlementaires, mais aussi d’officiers de l’armée.

Elle a offert à Ouagadougou une formation qui s’est étendue du 13 au 17 juillet et portant sur le « marketing politique et campagne électorale » aux partis membres de l’Union des partis africains pour la démocratie et le développement (UPADD) et à des journalistes de la sous-région ouest africaine.

Nora Spie du Bureau sud-africain de la Fondation a soutenu que la presse africaine a besoin de soutien en matière de formation. « La Fondation s’engage pour une presse libre », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse organisée dans la capitale burkinabé le mardi 14 juillet 2009.

D’origine zimbabwéenne, Mme Spie ne sait pas lire en français et par conséquent, ne peut pas apprécier la qualité de la presse au Burkina. Mais elle a exprimé son intention de revenir à Ouagadougou pour d’autres formations à l’endroit des hommes de médias.
Mais l’originalité de la Fondation réside dans son engagement pour une compréhension mutuelle entre les différentes forces de proposition sur le terrain politique, à savoir les hommes politiques, les médias, l’armée et la société civile.

La formation de Ouagadougou vise, entre autres, à faciliter la communication entre les hommes de médias et les hommes politiques, mais aussi à donner des outils pour mieux faire passer le message politique auprès des populations. Les communications portent sur « comment communiquer efficacement avec les électeurs à travers les médias », « les questions que les politiciens et les journalistes voudraient se poser », « Travailler avec les médias Maîtriser les situations de la communication difficile »….
« Les politiciens ont toujours besoin de couverture médiatique, or les relations entres politiciens et journalistes ne sont pas toujours bonnes. Aussi, le fondation travaille-t-elle à améliorer cela », a soutenu Mme Spie, journaliste de formation.

« Il faut trouver une façon de travailler et de vivre ensemble si vous voulez bâtir un autre pays », a lancé David Smith, l’un des formateurs,  à l’endroit des journalistes et des délégués des partis.

L’armée, une cible dans l’action de la Fondation Konrad Adenauer

La FKA annonce déjà une conférence en octobre prochain à Lomé au cours de laquelle des officiers supérieurs de l’armée, des hommes et femmes politiques de la sous-région ouest africaine vont se retrouver pour un dialogue direct, selon les confidences de M. David Robert, représentant résident de la FKA en Afrique de l’Ouest francophone (Togo, Mali, Niger, Bénin, Côte d’Ivoire, Burkina Faso).
 « Nous allons mettre en contact direct les officiers supérieurs de l’armée de l’Afrique de l’ouest avec les politiciens, notamment les députés des commissions parlementaires en charge de la Défense », a-t-il dit. Ce sera l’occasion de décrire aux participants le processus de la création de l’armée en Afrique de l’Ouest et ses répercussions dans la vie politique.

M. Robert rappelle que « par le passé, les Forces armées ont fréquemment fait irruption sur la scène politique. Ces interventions ont toujours constitué des entraves pour l’évolution normale de la gouvernance politique des pays, voire du continent ».
Le cas du Togo, le pays qui va abriter la prochaine rencontre sur les relations Armée/Hommes politique est illustratif. Gnassingbé Eyadema avait participé « activement » en 1963 à l’assassinat de Sylvanus Olympio, le premier président du pays. Devenu chef d’Etat-major de l’armée togolaise, il est revenu renversé le deuxième président, Nicolas Grunitzky cinq ans plus tard pour prendre le fauteuil présidentiel.

La rencontre du Togo intervient après  celle de Bamako (Mali) en juillet 2007 qui avait porté sur « Le renforcement du processus démocratique en Afrique : quel type de partenariat entre Forces armées et partis politiques ? ».

Le but de cette « implication des Forces armées et de sécurité dans les sociétés démocratie » est de contribuer à instaurer une politique sécuritaire dans la sous-région, passée maître dans les coups d’Etat.  

Dans la même logique, la Fondation envisage envoyer des parlementaires ouest africains en Allemagne afin qu’ils puissent s’imprégner de l’expérience du contrôle parlementaire sur les forces armées et sur les conditions de vie des soldats. Le voyage d’étude est prévu du 30 août au 7 septembre, et Mme Cécile Béloum, ministre burkinabé chargée des Relations avec le Parlement sera du voyage, selon  David Robert.

La FKA soutient certains partis politiques ; pas tous.

Outre les questions relationnelles entre forces démocratiques, La FKA contribue aussi à la « formation professionnelle et continue » par l’octroi de bourses d’études à des jeunes chercheurs. Son domaine d’action quoique précis, touche aussi bien la promotion des systèmes des partis politiques, la décentralisation et la politique communale.

Mais le choix de ses partenaires politiques est sujet à polémique. La formation de Ouagadougou sur le thème important du marketing politique en période électorale profitent à seulement 5 partis : Il y a Le Mouvement national pour la société et le développement/Nassara  (MNSD/Nassara) qui gère le pouvoir au Niger. Il y a le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, Rassemblement démocratique africain (PDCI/RDA) ancien parti au pouvoir, dirigé aujourd’hui par Henri Konan Bédié, ex-chef de l’Etat ivoirien et le Congrès national d'initiative démocratique (CNID) de la mouvance présidentielle au Mali.

On note aussi la présence de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste au Burkina (UNIR/PS), parti arrivé en 2è position lors de l’élection présidentielle de 2005 au Burkina. Enfin, prend part à la formation le Comité d’action pour le renouveau du Togo (CAR, opposition).

Le CAR, par ailleurs, a eu droit à une formation de cinq moins en rhétorique afin d’améliorer le message politique du parti. Le choix des partis soutenus par le Fondation est discutable. Mais la Fondation se veut rationnelle et objective dans son explication.
Elle rappelle à ce propos que ses moyens ne sont pas extensibles à souhait et qu’on lui a déjà fait le reproche de ne pas être présente dans tous les pays.


« La Fondation n’est pas active dans tous les pays. C’est compte tenu des moyens. Même au sein de la société civile, nous ne supportons pas tout le monde », s’est défendu David Robert.

Qu’à cela ne tienne, les bénéficiaires ont apprécié ce soutien. Me Sankara, président de l’UNIR/PS et candidat à l’élection présidentielle de 2010 au Burkina Faso s’est réjoui de l’effort de la Fondation à le soutenir.

« Nous avons été les grands bénéficiaires de cette formation. Nous avons atteint des performances nous permettant de savoir que nous avons des idées avec lesquelles nous pouvons entrer en compétition avec les autres », a indiqué Me Sankara.

Mais il a tenu a rappelé que la formation ne fait pas tout, même si elle constitue un « grand plus ». En plus de la formation, « il faut des moyens », a-t-il dit, précisant que la Fondation Konrad ne finance pas justement les partis.

Les responsables de la FKA soutiennent pour leur part qu’ils ne cherchent pas à aider certains partis à renverser d’autres. D’ailleurs, l’un des partis bénéficiaires de cette  formation est déjà au pouvoir. Ils ne sont même pas pour l’alternance à tout prix.

« L’alternance, c’est toujours une bonne chose mais, relativise Mme Nora Spie, c’est la possibilité d’une alternance qui compte véritablement ». En clair, La FKA travaille pour empêcher que des « structures » bloquent l’alternance et fait en sorte « que chaque acteur politique ait la chance de prendre part à la compétition et de la remporter ».

La FKA est une organisation politique qui s’est installée en Afrique de l’Ouest depuis 1992. Elle organise chaque année avec ses partenaires une centaine d’activités pour promouvoir et défendre la démocratie. Elle se définit comme l’héritière et la promotrice des idées de Konrad Adenauer (1876-1967), premier chancelier de la République fédérale d’Allemagne.

Pour cet homme politique, « chacun de nous constitue une partie du peuple. Le pouvoir signifie responsabilité. Chacun de nous doit prendre conscience qu’il est aussi responsable des événements tant politiques qu’économiques ». Afin que tous le sachent, la FKA passe par la formation.

AMK/SVY

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