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Burkina-Côte Ivoire-Mali-Niger-transport
Afrique Ouest: Des chauffeurs routiers en colère menacent de faire grève
OUAGADOUGOU, 28 juil 2010 (AIB) - Des chauffeurs routiers du Burkina Faso, du Mali et du Niger, pays de l'hinterland ayant accès à la mer par le port ivoirien d'Abidjan sont en colère contre les autorités ivoiriennes accusées de ne rien faire contre les rackets sur son corridor routier, a indiqué mercredi à Ouagadougou un de leur syndicat.
"Les autorités ivoiriennes veulent légaliser les rackets au détriment des accords et des conventions CEDEAO-UEMOA qu'elles ont signé sur la libre circulation des personnes et des biens", a déclaré à l'AIB le secrétaire général du Syndicat des conducteurs routiers de l'Afrique de l'Ouest (CSCRAO), Jacques Francis Ilboudo.
Le syndicaliste accuse notamment les autorités ivoiriennes d'avoir instauré une taxe de 120.000 francs comme frais d'escorte par camion chargés depuis le port d'Abidjan jusqu'aux frontières des trois pays contre 80.000 francs CFA auparavant. "Malgré ces frais, les chauffeurs paient des faux frais sur la route et l'escorte n'arrive pas aux frontières mais se limite à Tiébissou", zone tampon entre la rébellion et les forces loyalistes, a indiqué M. Ilboudo.
"En 2003 avec la crise (déclenchée après l'échec du coup d'Etat de la rébellion des Forces nouvelles contre le président Laurent Gbabgo en 2002,ndlr), il était difficile d'aller en Côte d'Ivoire, les autorités de transport avaient décidé de faire escorter les camions par l'Office ivoirienne des chargeurs (OIC)", a expliqué M. Ilboudo. "Il fallait alors débourser 120.000 francs pour être escorté d'Abidjan jusqu'à la frontière et 85.000 francs le camion vide jusqu’à Abidjan", a-t-il poursuivi.
En 2010, une autre structure, l'Union Gacci-SOCOCIB (UGS) a été installée faisant l'escorte des convois de camions à 80.000 francs pour aller d'Abidjan aux frontières et 35.000 francs pour les camions vides des frontières à Abidjan.
"Nous étions contents parce qu'à l'UGS, même si c'est cinq camions , ils bougent avec l'escorte et il y avait moins de tracasseries en route", a indiqué M. Ilboudo soulignant que cette structure privée a été supprimée par le nouveau ministre des transports ivoiriens arrivé dans le gouvernement formé en janvier suite à la crise de la Commission électorale indépendante (CEI).
"Nous voulons l'instauration d'une concurrence dans l'escorte", a indiqué M. Ilboudo déplorant que l'Office ivoirienne des chargeurs (OIC) ne s'assume pas "convenablement" dans l'escorte.
"Des dizaines de camions chargés attendent souvent l'escorte de l'OIC pendant dix jours ou plus, c'est pas normal, cela nous occasionne des frais supplémentaires. Ce n'était pas le cas avec l'UGS", a indiqué M. Ilboudo.
"Nous allons nous organiser pour une action de force. Nous allons organiser une grève des chauffeurs de camions dans nos différentes frontières pour dénoncer ces pratiques" de racket "et demander l'instauration de la concurrence", a indiqué M. Ilboudo.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont des pays continentaux, le port autonome d'Abidjan, le plus important d'Afrique de l'ouest est leur principal point d'accès à la mer. Quelques 100 à 200 camions quittent chaque jour ce port en convoi pour ces pays, selon M. Ilboudo, par ailleurs secrétaire général de l'Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB).
RH/IB
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