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Burkina- Culture- Musique- Piraterie
Les artistes souhaitent une lutte générale et concertée contre la piraterie
 
Ouagadougou, 03 avril (AIB) - Réunis à la veille des Kora music awards, des artistes africains ont préconisé une concertation au plan africain dans la lutte contre la piraterie des oeuvres artistiques et littéraires, à l'issue d'un séminaire régional organisé à cet effet samedi à Ouagadougou.

Ils comptent interpeller l'Union africaine pour l'impliquer formellement dans la protection du travail artistique et particulièrement dans la lutte contre la piraterie, mais aussi dans l'allègement des taxes sur les moyens de production des oeuvres artistiques.
Les artisites souhaitent précisément la création d'un observatoire africain

sur la propriété intellectuelle et artistique qui va travailler à réduire les coûts de production de manière à ce que les oeuvres légales aient un prix attrayant capable de contrebalancer la ruée vers les oeuvres illégales moins chères. Il va permettre de "juguler les problèmes de douane, d'impôts, de taxes pour amoindrir les frais de production et de distribution des oeuvres", a laissé entendre Baz-Bil, chanteur burkinabè, un des porte-paroles des artistes présents à ce séminaire.

Les musiciens espèrent ainsi faire bénéficier aux maisons de production d'exonérations sur l'importation des supports physiques des oeuvres ou la rénonciation aux droits de taxe sur la valeur ajoutée. D'autres tiennent aussi aussi à la baisse des taxes sur les instruments de musique et sur l'équipement des studios d'enrégistrement.

Seydoni Production, une maison de production implantée au Burkina et au Mali a soutenu que le coût actuel de production d'une cassette audio est de 600 FCFA du fait des taxes, sans lesquelles cette valeur se réduirait à 250 FCFA. Son responsable Fousseini Traoré avoue avoir débourser quelques 600 millions FCFA en deux ans, pour s'acquitter des diverses taxes imposées au Burkina.
Par ailleurs,  les artistes ont estimé que la lutte contre la piraterie qu'ils qualifient de "pandémie" ou "cancer de la culture" ne peut réussir qu'à travers une synergie d'actions au plan africain ou à défaut, au plan sous-régional."Par rapport aux autres continents, nous se sommes pas du tout avancés. les autres essaient de s'organiser, mais ici, on a l'impression que l'Afrique est une sorte de grosse poubelle ou l'on trouve tout comme on veut et quand l'on veut", a déploré Amety Meria vedette de la musique burkinabè.

Afin de mener la lutte à l'échelle continentale, les musiciens envisagent de saisir l'Union africaine à travers le président du Faso Blaise Compaoré."On essaie de voir si le chef de l'Etat burkinabè peut accepter être notre porte parole au plan africain, auprès de ses pairs de l'Union africaine pour que ceux-ci soient au courant de cet appel de Ouagadougou", a noté Baz-Bil. Un projet de "déclaration des artistes" a été rédigé à cet effet et sera remis au président du Faso, le lundi prochain à l'issue d'un cross populaire devant se terminer devant le palais de la présidence du Faso. Le gouvernement du Burkina Faso d'ores et déjà a promis de renforcer sa stratégie de lutte contre la contre la piraterie, par la création d'un environnement juridique et institutionnel favorable et adapté.

Toutefois, le secrétaire général du ministère en charge de la culture Souleymane Ouédraogo tout comme le directeur général du Bureau burkinabè des droits d'auteur, Balamine Ouattara ont soutenu que les artistes doivent être eux-mêmes en première ligne de cette lutte.
"J'invite chacun d'entre vous à être le relais sûr pour susciter une forte mobilisation de l'ensemble des artistes du continent dans le combat sans merci contre ce cancer de la culture", a laissé entendre Souleymane Ouédraogo à l'endroit des musiciens.
AK/IB

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